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COVID-19: 5000$ pour être rapatrié du Sénégal

Une dizaine de Québécois sont toujours coincés à Dakar

Journaliste
Photo courtoisie Emmanuelle Castonguay, son mari sénégalais et leur enfant de 18 mois (à gauche sur la photo) ont accueilli début mars un groupe de retraités au Sénégal, où ils devaient suivre un stage de percussions.

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Coincés au Sénégal, une dizaine de Québécois – dont un bébé de 18 mois et un groupe de retraités – seront forcés de débourser 5000 $ chacun pour être rapatriés au pays.

« C’est des vraies montagnes russes. Plus ça va, plus l’inquiétude est là », expose Emmanuelle Castonguay, 32 ans.

Elle et son mari, un musicien sénégalais, sont arrivés à Dakar avec leur garçon d’un an et demi à la mi-février. Le trio a été rejoint deux semaines plus tard par leurs « élèves », une dizaine de retraités de 58 à 76 ans venus suivre un stage de percussions et découvrir le Sénégal.

Tout le groupe devait demeurer sur place jusqu’à la fin du mois de mars. Devant les mises en garde du gouvernement canadien toutefois, des mesures ont été prises dès la mi-mars pour écourter le séjour. Dès lors, deux élèves ont pu retourner à Montréal par leurs propres moyens. Le reste du groupe s’est rabattu sur l’agence de voyages.

Frontières fermées

« On avait trouvé deux vols. Un pour les élèves le 20 mars, un pour ma famille le 21 mars. Mais les deux vols ont été annulés à cause de la fermeture des frontières. On avait payé à peu près 3000 $ par billet », expose Emmanuelle Castonguay. 

Les frontières étant fermées, la jeune femme est entrée en contact avec l’ambassadeur canadien au Sénégal. Après différentes possibilités de vols qui sont tombées, l’ambassade leur a offert de monter à bord d’un avion effectuant le trajet Dakar-Toronto, en passant par la capitale de l’Éthiopie.

« C’est un vol à 5000 $. On a dit, ben oui, on le prend ! Le vol devait partir le vendredi, puis le week-end. Finalement, on a reçu un courriel pour nous dire qu’il partirait mardi. On veut bien y croire, mais on ne sait plus », lance-t-elle, découragée, surtout que s’il se rend à Toronto, le groupe devra ensuite trouver une liaison aérienne vers Montréal.

Le temps presse

D’ici là, sous les recommandations de l’ambassade, le groupe s’est isolé et ne sort que pour faire de brèves marches dans le quartier. Tous veulent éviter d’être touchés par la COVID-19, surtout que le gouvernement canadien a fait savoir qu’aucun citoyen présentant des symptômes ne serait admis sur le territoire. 

« Si une personne présente des symptômes, elle ne pourra pas rentrer dans l’avion, résume Emmanuelle Castonguay. On veut juste partir, nous. Nos valises sont prêtes. »