/opinion/columnists
Navigation

Demain, nous nous serrerons la main

Coup d'oeil sur cet article

 Je m’en souviens encore comme si c’était hier. 

Quand je rencontrais un ami, je lui serrais la main. Aujourd’hui, je ne vois plus mes amis, et si j’en rencontre un en marchant dans mon quartier, la politesse élémentaire en temps pandémique veut qu’on se tienne à bonne distance l’un de l’autre. 

D’ailleurs, dans nos rues où les marcheurs sont plus nombreux que jamais, chacun pratique l’art de l’évitement. Quiconque s’y dérobe passe pour un imprudent ou un criminel. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Politesse 

Telles sont les règles du confinement. En quelques jours, les codes définissant le savoir-vivre sont renversés. 

C’est vrai de tous les domaines de l’existence. 

Contre l’épidémie, la meilleure manière de se mobiliser ensemble consiste à rester chacun chez soi. La méfiance déclarée envers son voisin devient une manifestation d’esprit civique. 

Je ne peux néanmoins m’empêcher de penser à la suite. 

Dans quelques semaines, dans quelques mois, la vie reprendra ses droits. 

Nous ne soupions plus avec nos amis. De nouveau, nous les retrouverons au restaurant. Mieux : ils viendront à la maison. 

Viendra alors le moment de poser ce geste incertain qui ne nous sera plus familier : nous tendrons la main, comme au temps jadis, pour saluer notre ami, et marquer notre joie de le revoir. 

On devine que la poignée sera ferme. Certains risqueront même l’accolade, et les Français du Plateau Mont-Royal se feront la bise. 

Mais quand ? Il nous faudra bien un signal, annonçant le retour aux comportements chaleureux. 

Amitié 

J’ai en tête mon scénario rêvé. 

À la fin de leur conférence de presse quotidienne, François Legault et Horacio Arruda pourraient, devant les caméras, de manière presque solennelle, se donner une vigoureuse poignée de main, sous le signe d’une amitié née dans la crise. 

Nous comprendrions alors que le pire est derrière nous. 

La simple idée de cette scène suffit pour susciter mon enthousiasme !