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Dissiper la confusion

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Photo AFP

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On croyait que le gouvernement Trudeau avait trouvé sa vitesse de croisière dans sa gestion de la pandémie de COVID-19. Force est de constater qu’il continue de ramer à en perdre ses pagaies. 

Rarement a-t-on entendu autant de déclarations erronées provenant d’un gouvernement en si peu de temps. À cela s’ajoutent des informations floues et peu détaillées sur les mesures annoncées. 

Résultat : les journalistes nagent dans la confusion et le public aussi, par extension.  

Prenez l’histoire de la quarantaine obligatoire.  

La ministre de la Santé, Patty Hajdu, a tout bonnement relayé l’information sur son fil Twitter mercredi. Le gouvernement a, en plus, entretenu le flou sur le moment de l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la loi.  

Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 750 000 $ ou à un emprisonnement maximal de six mois. Ce n’est pas banal.   

Des dizaines de milliers de Canadiens reviennent au bercail. Ottawa voulait envoyer un message fort. Il a raté son coup.  

Manque de détails 

Presque chaque jour, Ottawa annonce des mesures cruciales pour faire face à la crise qui manquent cruellement de détails. 

Les ministres envoyés au bâton se contentent généralement d’offrir des réponses préformatées et peu éclairantes. 

Hier, Justin Trudeau n’a pas pris de risque. Concernant l’aide aux PME, le premier ministre a affirmé que les détails seraient dévoilés lundi. Ça a le mérite d’être clair.  

La nouvelle Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ a suscité un très grand intérêt dans la population. Vous avez été des milliers à nous écrire. Plusieurs d’entre vous avaient d’excellentes questions.  

Nous nous sommes efforcés de trouver les réponses auprès du fédéral. Nos démarches ont été un véritable parcours du combattant. 

Ottawa a aussi relayé des informations discordantes concernant la PCU. 

Est-elle imposable ? Si oui, de quelle façon ? La ministre responsable a offert la mauvaise réponse suivant l’annonce.   

Cette précieuse prestation s’adresse aux millions de Canadiens qui tombent au chômage. Ils méritent des réponses claires. 

J’ai appris hier que le gouvernement répondra à toutes nos questions mercredi prochain, soit une semaine après l’annonce initiale.  

Agir vite 

Ottawa fait le pari qu’il vaut mieux agir rapidement, quitte à ajuster le tir plus tard.  

Le personnel politique est à bout de souffle. Une bonne partie de la fonction publique aussi. Tous se démènent pour développer une réponse à la pandémie.  

Personne ne compte ses heures. Nous sommes tous dans le même bateau. 

Y a-t-il une solution ?  

Ottawa pourrait commencer par autoriser plus souvent les fonctionnaires à répondre directement aux questions précises des journalistes.   

Le gouvernement Trudeau devrait-il aussi recruter du personnel ?  

Les partis politiques sont généralement hésitants à gonfler leur effectif, dont le salaire est payé par les contribuables.  

Les Canadiens leur pardonneraient peut-être dans les circonstances.