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Les retombées du confinement

Coin Sainte-Catherine-Saint-Denis
Photo Francis Halin À l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis

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Le vent tourne dans l’opinion publique. Au Québec, de façon quasi imperceptible, des voix se font entendre au sujet du premier ministre Legault. Certains sont déjà prêts à le déboulonner de son socle de héros dans sa gestion de la pandémie.

Des militants racisés parlent de discrimination des minorités culturelles qui ne parlent ni l’anglais ni le français et qui, par conséquent, ne regardent pas la rencontre thérapeutique de 13 h à la télévision. On demande que l’on traduise en d’autres langues les annonces faites.

Le naturel revient ici au galop. À ce jour, on avait eu droit à une Union nationale, les partis d’opposition ayant compris que devant un ennemi aussi terrible, ils devaient faire front avec le gouvernement.

Nous passons à un autre niveau d’inquiétude. Désormais, dans les hôpitaux, les combattants du virus sont confrontés à des réalités inattendues. La pandémie exige de plus en plus de moyens, d’équipements et de matériel pour travailler sans danger. Or les professionnels de la santé se sentent mal armés, mal protégés, alors qu’ils s’exposent à la maladie.

UN SACRILÈGE

Les fameux masques dont on craint la pénurie deviennent le symbole de notre angoisse collective. Une angoisse reliée justement au confinement dont on perçoit qu’il risque d’être encore plus contraignant et plus long que les dates officielles – « la mi-avril », « en mai », « cet été » – que le premier ministre jette comme des ancres où accrocher notre espoir de nous en sortir.

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Le confinement imposé par la loi peut sembler un sacrilège pour tous les défenseurs des droits de la personne. Cette guerre microbienne départage aussi deux catégories de citoyens. Ceux qui, comme Donald Trump, croient qu’il faut sauver l’économie avant tout, quitte à sacrifier les vieux qui sont une charge sociale trop lourde, et ceux qui croient que toute vie est sacrée. Ce qui fait de Trump et ses troupes des êtres infâmes.

En Italie et en France, un choix inavouable mais douloureusement réel se fait à cause du manque d’équipement. Le Canada et le Québec n’en sont pas là. Il faut continuer d’appuyer le gouvernement Legault et de suivre Justin Trudeau malgré ses lacunes et son étrange comportement général depuis le début de la pandémie.

À LA MERCI DU VIRUS

Le retour à la politique politicienne n’est pas pour demain ni après-demain. Nous n’avons pas besoin de ces discours usés à la corde où apparaît la logorrhée de la lutte des classes.

La COVID-19 est un virus qui n’a jamais lu Marx et Engels. Il ne fait de cadeau ni aux riches ni aux pauvres. Bref, nous sommes tous à sa merci. La discrimination existe certes en fonction des pays où l’on vit. Et encore, en Italie, le virus sévit au nord dans la partie la plus développée où les entreprises sont florissantes.

Oui, le confinement dans des résidences luxueuses n’a pas de comparaison avec celui des gens qui vivent dans des lieux misérables. Mais la peur, l’angoisse et la souffrance habitent les uns comme les autres puisque c’est la maladie et la mort qui nous rendent tous égaux.