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«Un beau désastre» de Christine Eddie: L’espoir, un remède contre les épreuves

Christine Eddie
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Christine Eddie

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Quatrième roman de la talentueuse Christine Eddie, Un beau désastre raconte la vie quotidienne d’un garçon intelligent, lucide et empathique qui grandit dans un milieu défavorisé aux côtés de familles d’immigrants. Roman d’apprentissage, c’est aussi un roman de solidarité qui montre que l’espoir est un remède possible pour les désastres, petits et grands.  

Né de parents absents, élevé par une tante astrologue qui étudie attentivement ses cartes du ciel, le petit M.-J. observe le monde dans lequel il vit et le trouve résolument dangereux. 

La vie le surprend au cours de l’été de ses 16 ans, alors que l’amour, l’art et les gens de son entourage lui redonnent confiance en la vie. Côtoyant des immigrants du Burundi qui en arrachent, lucide par rapport à l’état lamentable de la planète et conscient de son statut social peu enviable, M.-J. saisit tout de même que l’espoir est peut-être un remède à toute cette noirceur. 

Christine Eddie, une Québécoise qui a grandi à Bathurst, au Nouveau- Brunswick, explique qu’Un beau désastre est né d’une envie de parler de l’époque actuelle, du 21e siècle, qu’elle trouve très anxiogène.  

«J’ai fait naître ce petit garçon en même temps que le siècle — il est très allumé. C’est l’histoire d’un enfant hypersensible, très curieux, brillant, qui regarde le monde très tôt et se rend compte que c’est un monde qui est détraqué. Il découvre à la fois les changements climatiques, la crise des migrants.» 

Son jeune héros grandit dans un milieu pauvre, appelé Vieux-Faubourg dans le roman. Un quartier qui fait penser à la Basse-Ville de Québec, mais qui pourrait être dans n’importe quelle ville du Québec.  

«C’est à la fois l’histoire d’un quartier et l’histoire d’un enfant. Pour le quartier, on a l’impression que les dés sont jetés, car c’est un quartier qui a peu d’atouts pour réussir comme on réussit au 21e siècle. Quand j’ai commencé à écrire, j’avais l’impression que j’allais parler d’une époque extrêmement désespérante. À cause de la jeune génération, c’est très important de redécouvrir l’espoir et de chercher comment on peut se raccrocher à l’espoir.»  

trouver l’espoir 

L’écrivaine note que l’espoir peut venir de sources différentes et qu’il faut garder les portes ouvertes. «On peut se rouler en petite boule puis trouver que tout va mal. On peut être insouciant ou aveugle, mais il ne faut pas baisser les bras, au contraire. Dans le cas de M.-J., ce qui va le sauver, c’est la bienveillance qui est autour de lui et l’art.» 

Christine Eddie explique qu’elle a grandi dans une famille venant du Liban. «Ma sensibilité à la guerre me vient moins des expériences vécues par ma famille [Seconde Guerre mondiale ou guerre du Liban] que du fait que j’ai grandi dans une famille qui s’est toujours intéressée à ce qui se passait ailleurs dans le monde.» 

«Oui, c’est vrai, mes parents sont arrivés au Canada quand j’étais bébé, mais c’était une autre époque et un autre milieu que celui du Vieux-Faubourg.»  

  • Christine Eddie est l’auteure de nouvelles, d’un conte pour enfants et de romans, dont Les carnets de Douglas, récompensé par plusieurs prix littéraires. 
  • Elle vit à Québec.  
Un beau désastre<br/>
Christine Eddie<br/>
Éditions Alto<br/>
192 pages
Photo courtoisie
Un beau désastre
Christine Eddie
Éditions Alto
192 pages