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L’incertitude extrême de l’ère «covidienne»

NOU-COVID-19
Égoportrait Antoine Robitaille « Pour quand, le résultat ? » « On ne donne plus d’échéances, car on ne sait plus trop », m’a-t-on répondu.

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Nous n’avons jamais traversé une période comportant autant d’incertitude. 

Vous vous souvenez des images que certains inventaient pour rendre un éventuel après-souveraineté du Québec effroyable ? Un « trou noir », soutenait Jean Charest. Même Pauline Marois, dans une entrevue, parla de « cinq ans de perturbations ». 

La souveraineté ? De la petite bière à comparer aux perturbations mondiales et aux trous noirs dans lesquels nous avons été aspirés depuis une dizaine de jours. 

Santé 

Plusieurs trous noirs. D’abord la santé. Mais qu’est-ce que ce foutu virus ? Possiblement transmis à l’humain en Chine par le pangolin, animal dont la plupart d’entre nous n’avaient jamais entendu parler. 

L’effet de la COVID-19, exactement ? Chez certains, c’est violent : perte de connaissance, problèmes respiratoires. Une jeune de 16 ans en est morte jeudi, en France. 

Justement, c’est là que je crains d’avoir contracté cette saloperie, lors d’un séjour dont je suis rentré le 14 mars, en catastrophe. Mais où, et qui me l’a transmise ? Comment ? 

Seule certitude : certains symptômes étranges apparus huit jours plus tard. L’anosmie et l’agueusie (perte de l’odorat et du goût), accompagnées de frissons (sans fièvre pour moi), fatigue, et surtout, courbatures. J’ai, semble-t-il, une « version légère » de la COVID-19. Boris Johnson aurait cette chance lui aussi. Des complications sont-elles possibles dans ces cas ? 

Suis-je vraiment un « covidien » ? Pour en avoir le cœur net, j’ai décidé, lundi, de réclamer le test. Rendez-vous rapidement fixé, deux jours plus tard. Ça s’est passé rondement, dans une clinique de fortune bien organisée. Pour quand le résultat ? « On ne donne plus d’échéances, car on ne sait plus trop. » Incertitude, toujours... Un collègue attend son résultat depuis cinq jours ! 

Si le test est positif ? « Au moins, tu seras immunisé ! » disent les amis pour me rassurer. Pas certain : en Chine, des gens guéris pourraient avoir été infectés de nouveau ! Sans être malades, ils seraient toutefois contagieux... 

Trudeau confus 

L’autre trou noir est économique. Commerces et industries fermés. Montréal en état d’urgence sanitaire. 

« Ça va bien aller » : un slogan beau comme ces arcs-en-ciel que l’on colle partout. Soyons « positifs », j’en suis. Mais quelle incertitude profonde, ici aussi : mises à pied, baisses de salaire. 

Le gouvernement fédéral veut offrir de l’aide, c’est louable, mais va trop vite, suscite des milliers d’interrogations, crée de l’incertitude. Hier, après trois jours de confusion, on a appris que la Prestation canadienne d’urgence (PCU) serait imposable. Au reste, cette PCU aura des effets pervers que le Québec devra compenser, François Legault l’a expliqué à son point de presse. 

Hier, Justin Trudeau annonce une subvention des salaires pour les PME, mais ne propose pas de définition d’une PME, aux coûts du programme. 

L’information à Ottawa actuellement est « merdique », peste un collègue, « les attachés de presse envoient toutes sortes d’infos [...], c’est dangereux ». 

Le site web du PCU ne sera pas disponible avant le 6 avril. Avant d’annoncer ce grand programme, le gouvernement Trudeau aurait pu prendre quelques jours pour bien le ficeler. 

Il y a déjà assez d’incertitude comme ça.