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Les PME entre risques et responsabilités

Moteur économique du Québec, les petites et moyennes entreprises sont elles aussi frappées en plein cœur par le coronavirus.

Les PME entre risques et responsabilités
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La pandémie de coronavirus que nous traversons n’épargne aucun d’entre nous. Les travailleurs ont vu leurs vies dérailler, presque sans avertissement. La fameuse distanciation sociale est de mise, peu importe notre métier, notre horaire, notre statut.   

Alors qu’on parle beaucoup des individus, on oublie souvent de penser aux PME. Moteur économique du Québec, les petites et moyennes entreprises sont elles aussi frappées en plein cœur par le coronavirus.     

La part de risque  

Chaque fois qu’une PME voit le jour, un entrepreneur (ou un groupe d’entrepreneurs) prend un risque. Les PME survivent grâce aux efforts de leurs employés, mais aussi grâce à l’investissement, à l’argent, à l’énergie et au dévouement de leurs fondateurs, de leurs propriétaires.     

La COVID-19 risque bien de faire beaucoup plus de morts qu’on ne veut l’envisager. Combien d’entreprises de petite et moyenne taille auront la constitution assez forte pour survivre au virus?     

Si chez les individus le nombre d’infections demeure encore contrôlable, chez les PME, le taux d’infection est désormais de 100%. Le ralentissement économique brutal causé par la «pause» que doit prendre le Québec touche toutes les entreprises.     

Pour les nouveaux investisseurs, la situation tournera à la catastrophe dans un temps record. Celles et ceux qui venaient tout juste de mettre l’essentiel de leurs économies dans la concrétisation d’un rêve voient celui-ci partir en fumée. Pour plusieurs restaurateurs, c’est dans la poubelle que ce rêve est allé s’échouer.     

Pour les entreprises dites «essentielles», le risque est également celui de poursuivre ses affaires pendant que le meilleur conseil pour se protéger, c’est de demeurer à la maison. Aucun entrepreneur ne souhaite mettre sa vie ou celle de ses employés en danger. Mais l’autre option qui s’offre à eux, celle de fermer boutique, les expose à une fin certaine.      

Les entreprises qui font partie de la chaîne d’approvisionnement en biens essentiels sont plus nombreuses qu’il n’y paraît. Par exemple, un producteur de jaquettes d’hôpital est essentiel, mais ça signifie aussi que son fournisseur de fils et son fournisseur de machines à coudres sont également essentiels. Les fournisseurs des pièces de remplacement de ces machines sont aussi essentiels à la chaîne...      

On est tous dans le même bateau.     

Le lot de responsabilités  

Devant ce constat, les propriétaires de PME sont aussi confrontés à une série de responsabilités qu’ils ne peuvent ignorer.      

La première d’entre toutes est certainement la responsabilité de prendre soin de leurs équipes. Or, cette considération va au-delà de la protection de la santé des travailleurs. Il s’agit aussi de leur assurer un revenu et une sécurité d’emploi, deux valeurs de plus en plus rares ces jours-ci.     

En cette ère de «pause» du Québec, travailler est un privilège réservé à un petit nombre d’entre nous. Sur la ligne de front, on pense aux professionnels de la santé, aux préposés aux bénéficiaires, aux infirmières, aux premiers répondants, aux épiciers, mais on doit aussi penser à celles et ceux qui vont travailler dans les usines, du matin au soir, pour approvisionner tous nos secteurs névralgiques.     

L’un des plus grands enjeux auxquels le Québec sera bientôt confronté sera celui de la pauvreté. La précarité des travailleurs ne fera qu’augmenter quand ceux-ci n’auront même plus d’endroit où aller donner leur CV. Du plein emploi d’hier, le Québec risque de passer à un taux de chômage record.      

La responsabilité des PME, c’est aussi de poursuivre leurs activités quand tout milite pour leur ralentissement. Les travailleurs des entreprises essentielles préféreraient tous demeurer à la maison, près des leurs. Entre confinement et risque de contamination, le choix est assez simple.      

À tous ces hommes et ces femmes qui continuent de jouer leur rôle dans la délicate chaîne d’approvisionnement pour que nous puissions traverser la crise actuelle et en ressortir vivants, merci, du fond du cœur.      

On est tous dans le même bateau.