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Retour à la réalité!

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La facture sera tellement élevée qu’on doit s’interroger sur la gestion monétaire des équipes professionnelles lorsqu’elles reprendront leurs activités.

En d’autres mots, pourra-t-on continuer à verser des salaires qui dépassent la réalité ?

Parce que le coronavirus remet tout en perspective.

Quelle sera la capacité des consommateurs à payer pour des événements sportifs ?

Et derrière le coronavirus, il y a aussi l’économie.

Les gouvernements, pour subvenir aux besoins des gens, doivent s’engager à effectuer des dépenses gigantesques. Éventuellement, quand tout reviendra à la normale – au fait reviendra-t-on vraiment à la normale ? – il faudra bien rembourser la dette.

Gestion à revoir

Donc, il est fort probable que l’économie mondiale entrera dans une période de récession.

Par conséquent, même si le sport se veut un grand rassembleur, il devra composer avec la réalité. Revoir sa gestion des opérations devient une nécessité, éviter des compromis dans bien des situations sera un incontournable, et, surtout, s’interroger sérieusement sur la rémunération des athlètes devient primordial.

Il ne fait aucun doute que la crise mondiale remettra les pendules à l’heure et que le monde du sport, plongé dans l’abondance depuis des années, n’y échappera pas. 

Les propriétaires des équipes de la LNH se pencheront sur une nouvelle gestion des opérations. Il y aura sûrement des emplois qui ne seront pas comblés. Et, à cet égard :

  • Pourra-t-on continuer à accorder des contrats faramineux aux athlètes ?
  • Comment composera-t-on avec le marché des joueurs autonomes sans restriction ?
  • Les équipes riches seront-elles invitées à la plus grande prudence avant d’embarquer dans le marché des joueurs avec restriction ?  
  • Va-t-on offrir des contrats d’un an ou de deux ans, plutôt que des contrats de plusieurs années ?
  • Des concessions qui ont des ennuis au chapitre des assistances, je pense à la Floride et aux Sénateurs, auront-elles la capacité de poursuivre leurs activités ? Affichera-t-on la pancarte à vendre ?
  • Les réseaux de télévision aviseront-ils le sport professionnel que les budgets ne sont plus les mêmes, que la conjoncture économique ne permet plus de sortir des milliards $ ?

Et, il ne faut pas oublier, que dans la LNH, au cours des derniers mois, plusieurs contrats ont été signés avec comme clause importante, un salaire très élevé lors de la saison 2020-2021 ou 2021-2022 parce que, les joueurs craignaient un lockout et qu’ils tenaient à recevoir un salaire pendant une cette période.

Sauf qu’il n’y aura pas de lockout.

Choc en vue

Dans les faits, la situation économique, à partir de l’an prochain, subira des modifications exceptionnelles.

Cela signifie que les équipes auront plus de mal à vendre la publicité sur les rampes et un peu partout dans l’amphithéâtre. Il y aura aussi une diminution de la clientèle dans les concessions de l’aréna. Les abonnements saisonniers trouveront preneurs dans les grands marchés, mais, chez les équipes moins nanties, la situation s’aggravera.

Est-ce à dire que c’est la fin des contrats de 10 millions $ par saison – je pense au hockey professionnel – c’est fort possible. Ne pas tenir compte de la réalité économique sera un manque de jugement de la part des propriétaires et des joueurs.

Il y a deux mois, si on m’avait posé cette question, j’aurais répondu que Alex Pietrangelo, le défenseur des Blues de St. Louis, admissible au statut de joueur autonome le 1er juillet, est un candidat à gagner le gros lot.

Mais, aujourd’hui, c’est une autre histoire. Avec un avenir aussi inquiétant, faut-il s’étonner que les propriétaires songent à amenuiser les pertes financières en disputant des matchs en juillet, en août et en septembre ? Ne veulent-ils pas tirer profit de leurs contrats avec les diffuseurs, parce qu’il se pourrait qu’on évolue devant des gradins inoccupés ?

Mais, a-t-on songé qu’une perte de 2 à 3 M$ par match est à considérer si jamais le public est écarté des amphithéâtres ? A-t-on pensé que le hockey serait en compétition direct avec le baseball, la MLS, le football de la NFL (en septembre) et la NBA ?

Le hockey professionnel a démontré beaucoup de leadership en pressant le bouton « pause » le 13 mars. Maintenant, il devra en faire autant sur le plan de l’économie en attaquant les problèmes avec conviction. Et ça veut dire que les proprios devront s’assurer plus jamais que leurs partenaires – les joueurs – réalisent que la donne n’est plus la même et qu’elle invite à une grande concertation. Parce que les joueurs auront également à se prononcer. 

Et les options risquent d’être passablement moins nombreuses que par le passé.