/misc
Navigation

Survivre financièrement d’ici l’arrivée du chèque du fédéral

Survivre financièrement d’ici l’arrivée du chèque du fédéral
Illustration Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Tout le monde s’entend, c’est une bonne affaire que le gouvernement fédéral ait simplifié son programme d’aide financière destiné aux personnes qui ont perdu leur revenu à cause de la COVID-19. 

La « Prestation canadienne d’urgence » (PCU) représente une somme de 2000 $ par mois, sur laquelle sera prélevé de l’impôt au moment de faire sa déclaration de revenus 2020, dans un an. L’aide est rétroactive au 15 mars. 

Hier, Ottawa a annoncé son intention de subventionner à hauteur de 75 % les salaires chez les PME « admissibles », ce qui viendra libérer en partie la machine. Cela sauvera bien des jobs et réduira les demandes pour la PCU. 

Il se trouve néanmoins beaucoup de monde sans entrée d’argent et qui ne verra pas la couleur de l’aide fédérale avant la mi-avril, dans le meilleur des cas. 

La question que bien des gens se posent maintenant est : comment tenir jusque-là ? 

1. Demandez de l’aide à un proche 

Les circonstances ne se prêtent pas à l’orgueil. Si vous n’avez aucun accès facile à des liquidités, il ne faut pas hésiter à se tourner vers des amis ou des membres de votre famille moins éprouvés pour qu’ils vous dépannent, le temps que le chèque arrive. 

À ceux qui pourraient être sollicités, l’heure n’est pas aux calculs, encore moins au jugement. D’ailleurs, si vous constatez qu’un proche se retrouve dans une situation précaire, prenez donc les devants en lui offrant du soutien financier. 

2. Demandez un arrangement pour le loyer 

C’est maintenant que vous pourriez bénéficier du fait d’avoir entretenu une bonne relation avec le propriétaire de votre logement en payant votre loyer rubis sur l’ongle. Demandez-lui si, exceptionnellement, il ne serait pas ouvert à une entente, par exemple à ce que le prochain loyer soit réparti sur les suivants, ou tout simplement repoussé, le temps que la PCU soit déposée dans votre compte. 

N’entretenez pas trop d’attente cependant et soyez compréhensible si le propriétaire ne veut pas faire de compromis, sa situation peut aussi être délicate, et il a une hypothèque à payer. Surtout, ne décidez pas unilatéralement de sauter un paiement sans en discuter avec le propriétaire. 

3. Utilisez votre crédit, mais avant... 

On répète toujours de ne pas payer l’épicerie avec la carte de crédit. Ce conseil est d’or en situation normale, mais la situation n’est pas normale. Il faut mettre du beurre sur la table, et pour cela des accrocs aux règles de base de la finance personnelle peuvent être nécessaires. 

Si vous avez accès à une marge de crédit, il faut la privilégier d’abord. Avant de recourir au crédit pour remplir le frigo, vérifiez si vous ne pouvez pas vous approvisionner auprès d’une banque alimentaire, ne serait-ce qu’en partie. 

4. Pigez dans votre REER 

D’ordinaire, ce n’est jamais une bonne idée de puiser dans son REER avant l’heure de la retraite, encore moins après que la Bourse a subi une raclée. Si vous n’avez pas d’autres options, allez-y, mais avec délicatesse. 

Vous devez savoir qu’à chaque retrait, de l’impôt est prélevé à la source par la banque : 20 % sur la première tranche de 5000 $, 25 % sur les sommes entre 5000 $ et 15 000 $ et 30 % à partir de 15 001 $. 

L’idéal est de piger selon ses besoins, chaque mois, en puisant dans les actifs qui ont le moins souffert récemment. L’argent retiré du REER ne peut être déposé de nouveau plus tard. Ce sont donc des cotisations perdues, mais c’est un moindre mal si vous avez accumulé des droits de cotisations inutilisés. 

Ceux dont les REER sont concentrés dans un fonds de travailleurs se heurtent à un obstacle. Les règles de décaissement en cas d’urgence sont plus rigides, ce qui fait qu’ils n’ont pas accès à leur argent pour le moment. 

Une intervention du gouvernement serait souhaitable pour mettre rapidement en place un programme inspiré du RAP, qui permettrait aux gens de retirer un montant plafonné de leur REER sans pénalité et impôt à payer, somme qui serait remboursable par la suite sur une période d’une dizaine d’années. 

Je ne comprends pas pourquoi une telle mesure n’a pas encore été annoncée. Ce serait facile, peu coûteux et tellement utile.