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[AUDIO] Traverser la crise, une chanson (québécoise) à la fois

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«Et les amants se touchent, sans aucun remords», chante Pierre Lapointe, dans la délicate Pour déjouer l’ennui. Se toucher, déjouer l’ennui, des paroles de chansons que nous n’écoutons plus avec la même oreille depuis que la COVID-19 a débarqué dans nos vies avec le même fracas que des clients de Costco au rayon du papier hygiénique. Officiellement, la musique n’est pas considérée comme un service essentiel par le premier ministre François Legault. Elle n’en demeure pas moins nécessaire, une sorte de moment salvateur d’évasion, pendant que nous sommes collectivement assignés à résidence. De Pierre Lapointe à Cœur de pirate, Le Journal a dressé une liste de lecture toute québécoise, sous forme de clins d’œil à l’époque, pour passer le temps en isolement. Bref, pour déjouer l’ennui. Bonne écoute!  

Pour déjouer l’ennui, Pierre Lapointe  

Photo courtoisie

(CB) – Dans une autre vie, il y a deux ou trois semaines, c’était une chanson d’amour, une douce complainte que Lapointe a mise au monde conjointement avec les frères Hubert et Julien Chiasson. Aujourd’hui, son titre rappelle le rôle clé que joue la musique en temps de crise. Bien joué, Pierre. Et Hubert. Et Julien.   

► À écouter aussi sur l’album du même nom : Qu’est-ce qu’on y peut?, Un cœur qui saigne  

Tant qu’on aura de l’amour, Les Cowboys fringants  

Photo courtoisie

(RGM) – Cette chanson naïve du populaire quatuor de Repentigny s’avère l’hymne rassembleur parfait en ces temps difficiles. Le groupe, qui a dû annuler une tournée en Europe à cause de la crise, y chante les petits plaisirs simples de la vie. Parce que dans les plus grandes tragédies, le plus important, c’est l’amour.   

► À écouter aussi sur l’album L’expédition : Droit devant, Une autre journée qui se lève  

Maintenant ou jamais, Évelyne Brochu  

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(CB) – «Prends-moi dans tes bras, sens comme ça me tourmente.» Ces mots d’Évelyne Brochu sonnent comme un vibrant appel à tous. Couples, enfants, membres d’une même famille qui vivent sous le même toit : les temps sont durs, ne manquez pas une occasion de vous donner de l’affection.   

► À écouter aussi sur l’album Objets perdus : Copie carbone, Le désordre de ta chambre  

Il y a tant à faire, Daniel Bélanger  

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(RGM) – En lisant certaines lignes de cette accrocheuse pièce, on dirait presque que Bélanger les a écrites pour la situation que l’on vit en ce moment. «Le temps n’est plus au regret, il faut me ressaisir», «Il faut tenir, il faut bâtir sur l’inconnu», «Il y a tant à faire, et ce n’est pas ridicule, c’est comme si c’était facile». Alors, écoutons ce cher Daniel et tout va bien aller.   

► À écouter aussi sur l’album Paloma : Ère de glace, Tout viendra s’effacer  

Sortie/Exit, Philippe B  

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(CB) – Ici, Philippe B fréquente des endroits désormais interdits : cinéma Beaubien, restaurant. On ferme les yeux et on imagine des scènes en noir et blanc, extraites d’un autre siècle. Ajoutée au ton furieusement mélancolique de cette ballade au piano, une larme chatouille discrètement le coin de l’œil.   

► À écouter aussi sur l’album La grande nuit vidéo : Debra Winger, La grande nuit vidéo  

Ôte-moi mon linge, Les sœurs Boulay  

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(RGM) – «La déprime tire du gun, la lune me donne cinquante-six bonnes raisons d’chiâler», chante Mélanie Boulay sur cette chanson d’amour originale qui mêle ennui et envie. «Ôte-moi mon linge, beau sans-dessein, mais maudit beau sans-dessein». Une chanson pour favoriser les rapprochements (permis) en période de confinement.   

► À écouter aussi sur l’album Le poids des confettis : Mappemonde, Des shooters de fort sur ton bras  

Fou fou fou mon minou, Chocolat  

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(CB) – Maladie : ennui. Cause : confinement qui s’étire et dont on ne voit pas le bout. Prescription : une généreuse dose quotidienne de Fou fou fou mon minou, susurrée par Jimmy Hunt et sa joyeuse bande de Chocolat. Chocolat comme dans le groupe, pas la friandise. Quoique le groupe en lui-même constitue une agréable friandise musicale qu’on peut consommer sans modération.   

► À écouter aussi sur l’album Jazz engagé : Heavy, Être un artiste  

Dans la nuit, Cœur de pirate  

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(RGM) – Impossible de ne pas se trémousser le popotin en écoutant ce brûlot sur lequel le rappeur Loud fait une apparition remarquée. Selon Béatrice Martin, les nuits sont ennuyantes. Pourtant, à l’écoute de cette dynamique pièce, on veut plutôt s’éclater et oublier tous les problèmes extérieurs.   

► À écouter aussi sur l’album En cas de tempête, ce jardin sera fermé : Prémonition, Combustible  

Plus tôt, Alexandra Stréliski  

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(CB) – Notre choix s’est porté sur le premier titre d’INSCAPE mais on aurait franchement pu suggérer toutes les autres compositions de la pianiste de Montréal. S’il y a un album qui fait du bien à l’âme, qui nous rappelle qu’il y aura un printemps, un été et des jours heureux malgré le pesant isolement, c’est bien celui-là.   

► À écouter aussi sur l’album INSCAPE : en fait, tout le reste de l’album   

La fin du monde, Philippe Brach  

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(RGM) – Même si Brach chante l’amour en temps d’apocalypse, on ne peut que hocher tranquillement la tête avec cette excellente pièce orchestrale. «Si le soleil parle pour la dernière fois, je veux crever dans tes bras avec toi», lance Brach. C’est beau et brutal à la fois.   

► À écouter aussi sur l’album Le silence des troupeaux : La peur est avalanche, Rebound  

Sometimes, All The Time, Loud (avec Charlotte Cardin)  

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(CB) – Mesdames et messieurs, Loud avait prévu la distanciation sociale. Nous avons deux preuves liées à ce titre. D’abord, dans le vidéoclip, Charlotte Cardin et lui, chacun dans son lieu, se répondent par écrans interposés. En concert, ils ont aussi maintenu un écart entre eux, lui sur la scène, elle sur une plateforme surélevée.   

► À écouter aussi sur l’album Tout ça pour ça : Fallait y aller, Médailles  

Imparfait, Ariane Moffatt  

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(RGM) – Écrite par Daniel Bélanger, pour son album Quatre saisons dans le désordre en 1996, cette pièce a connu une nouvelle vie, neuf ans plus tard, avec la sublime relecture d’Ariane Moffatt. L’auteure-compositrice, qui a déjà été choriste pour Bélanger au début de sa carrière, s’est brillamment approprié cette chanson qu’elle a rendue encore plus intime et vulnérable.   

► À écouter aussi sur l’album Le cœur dans la tête : Combustion lente, Montréal  

L’étrange pays, Jean Leloup  

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(RGM) – En entrant dans l’univers coloré de Leloup, on ne sait jamais vraiment sur quoi tomber. Très inspiré sur son dernier album acoustique, l’auteur-compositeur nous emmène dans un voyage imagé comme lui seul sait les créer. L’étrange pays semble simple à la première écoute, mais on y perçoit rapidement toute la richesse qu’il possède.   

► À écouter aussi sur l’album L’étrange pays : Rosier-douleur, L’oiseau-vitre  

Recommencer, Hubert Lenoir  

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(RGM) – «Les jours se suivent et se ressemblent», chante Lenoir sur ce très beau morceau. Revivre les mêmes journées encore et encore, n’est-ce pas un peu le quotidien actuel de millions de personnes en confinement? À croire que le chanteur savait que nous allions vivre un jour de la marmotte collectif.   

► À écouter aussi sur l’album Darlène : Fille de personne II, Darlène  

Le mois de mai, Salomé Leclerc  

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(CB) – Sur fond de belle grosse basse bondissante, la perfectionniste Salomé crie «pour que résonne le mois de mai jusqu’à l’automne». Si elle parle d’un mois de mai où tout reprendra son cours normal, on achète. Même qu’avoir su, on aurait pris un titre différent. Le mois d’avril?   

► À écouter aussi sur l’album Les choses extérieures : Nos révolutions, Ton équilibre