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Un remède temporaire

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Bonne nouvelle ! À tout le moins pour une partie des 236 000 petites entreprises (1,8 million d’employés) qui ont pignon sur rue au Québec. Elles auront accès à des subventions salariales et des prêts garantis sans frais d’intérêts. 

Sachez qu’il n’y a rien de miraculeux dans l’aide de Justin Trudeau. 

Mais, en cette période de guerre contre la COVID-19, les nouvelles mesures d’aide financière du gouvernement Trudeau devraient aider plusieurs petites sociétés à survivre durant les prochains mois. 

  • ÉCOUTEZ la chronique économique de Michel Girard à QUB Radio:

Ottawa met à leur disposition une garantie de prêt de 40 000 $, que chaque petite société pourra négocier avec son institution bancaire. Ce n’est pas la mer à boire. 

Il s’agit d’une garantie de prêt sans intérêts, et ce, aux frais du gouvernement fédéral pour une période d’un an. Les banques et les caisses devraient s’empresser d’accorder lesdits prêts puisqu’elles ne courent absolument aucun risque.  

UN REMÈDE TEMPORAIRE 

L’octroi de ces prêts devrait permettre à nombre de petites entreprises de combler en partie leurs besoins de liquidités en attendant que les activités des entreprises reviennent à la normale. 

Soyons réalistes. C’est un remède temporaire, sans plus. Car, qui dit emprunt (même sans intérêts) dit remboursement à venir de la somme empruntée lorsque le terme d’un an arrivera à échéance. 

Notons que certaines entreprises seront plus chanceuses, car le gouvernement Trudeau leur permettra de ne rembourser que 30 000 $ sur les 40 000 $ empruntés, ce qui équivaut à une subvention de 10 000 $. 

DES SUBVENTIONS SALARIALES LIMITÉES 

Concernant les subventions salariales de 75 % que le gouvernement fédéral s’apprête à verser, elles s’adressent aux organismes à but non lucratif, aux organismes de bienfaisance et aux petites entreprises « admissibles », a précisé Justin Trudeau.  

Par « admissibles », le gouvernement Trudeau fait référence aux sociétés privées sous contrôle canadien (SPCC) qui se qualifient à la « déduction pour petites entreprises ». 

Bien que les détails de ladite « subvention salariale » ne seront communiqués que lundi prochain, voici à quoi il faut s’attendre, si je me fie à la précédente subvention salariale de 10 % qu’avait annoncée Justin Trudeau le 18 mars dernier. 

La nouvelle subvention salariale maximale par employé devrait être d’environ 3387 $ par mois. 

Ce montant représente 75 % du revenu maximum assurable aux fins de l’assurance-emploi, lequel s’élève à 4517 $ par mois, soit 54 200 $ pour l’ensemble de l’année 2020. 

NOMBRE LIMITÉ D’EMPLOYÉS 

Maintenant, en se basant toujours sur l’annonce du 18 mars dernier, le plafond des subventions salariales par employeur pourrait être plafonné à 62 500 $ par mois, couvrant ainsi l’équivalent de seulement 18 employés (au revenu assurable maximum). 

Voilà pourquoi, comme je le mentionnais au début de la chronique, ce ne serait qu’une « portion » des petites entreprises qui réussirait à protéger tout leur personnel contre les mises à pied durant la pandémie de la COVID-19. 

J’espère que Trudeau rectifiera le tir en ne plafonnant pas « ses » subventions salariales à seulement 18 employés par petite société. 

En tout, il y a 1,15 million de petites entreprises au Canada. Elles représentent 98 % du nombre d’entreprises et comptent 8,3 millions d’employés.