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Ce sera encore plus atroce

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Les États-Unis ont traversé une semaine atroce, et celle qui vient sera pire encore. Il faut être naïvement optimiste ou, pour reprendre les mots du gouverneur de l’État de New York au sujet du président américain, « grossièrement mal informé » pour voir les choses autrement. 

De deux choses l’une : soit un miracle survient comme le prévoyait Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche le 28 février et la COVID-19 va « disparaître », soit les États-Unis se dirigent vers la catastrophe, les pénuries, l’hécatombe et les batailles de rue. 

Les hôpitaux manquent de tout et le personnel médical est déjà épuisé. Les maires des grandes villes, vendredi, ont lancé un cri de désespoir : il leur faut vingt-huit millions de masques, vingt-cinq millions de tenues de protection, des dizaines de millions de gants, des millions de trousses de test et 140 000 respirateurs. 

Le président, lui, veut passer à autre chose, souhaite que l’économie redémarre, que les gens retournent travailler. « Les États-Unis n’ont pas été créés », répétait-il cette semaine, « pour être fermés. » Et il a parfaitement raison. 

LE PARADIS DE LA « BUSINESS » 

Le rêve américain est de se sortir de sa misère et de faire de l’argent. Le pays est organisé pour que quelques-uns s’enrichissent sur le dos des autres... qui rêvent d’être à la place de ceux qui profitent du système. 

Donald Trump n’a pas tort non plus quand il affirme que « les gens veulent retourner travailler ». Au-delà du credo qui veut que l’oisiveté soit la mère de tous les vices, les Américains n’ont pas les moyens de chômer. 

Selon les études, au moins un travailleur sur deux vit de chèque de paie en chèque de paie et trois Américains sur dix n’ont pas un sou en banque. Et puis, ils aiment bosser, ces Américains : en 2017, 57 % d’entre eux n’ont pas pris tous les jours de vacances offerts par leur employeur. 

La semaine qui débute n’annonce rien de rassurant. Les chiffres du chômage en mars vont gonfler et ce sera du jamais-vu. La croissance exponentielle des cas et des décès liés à la COVID-19 va se poursuivre ; rien encore n’indique le contraire. 

Et que font bien des Américains quand ils sont inquiets ? Ils s’arment. Il y a panique dans l’air, et, comme un vendeur d’armes du New Hampshire l’avouait cette semaine, « les gens ont de plus en plus le sentiment d’être laissés à eux-mêmes. » Souhaitons tout au moins que j’aie tort pour les batailles de rue !