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Confinées durant une semaine en Espagne, six personnes âgées rentrent à Québec

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Les vacances ont viré au cauchemar pour six voyageurs de 66 à 70 ans, qui ont vécu le confinement total en Espagne durant une semaine, avant de pouvoir rentrer à Québec.  

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Tous membres de la même famille, Jacques Faucher, Denise Boivin, Claudie et Suzanne Drolet ainsi que Claude et Hélène Lamothe ont atterri en Espagne le 5 mars dernier, où ils devaient séjourner jusqu’à la fin du mois. Le 14 mars, toutefois, devant l’explosion du nombre de cas de COVID-19 en Espagne, le groupe a été contraint de s’isoler dans ses appartements de Torrox, près de Malaga.  

«Le stress était à son maximum. On habitait deux par deux, dans trois logements différents. À un certain moment, on ne pouvait plus se voir en groupe. Là, ça a été plus difficile. Les mesures se sont resserrées énormément. Chaque jour – chaque heure quasiment! –, il y avait quelque chose qui changeait», avance Hélène Lamothe.  

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Le sextuor a contacté son agence de voyages dans l’espoir d’embarquer rapidement sur un vol direct pour Montréal. Mais cette option n’était pas disponible. Pour rentrer au pays, le groupe devait se séparer et faire plusieurs escales.  

«On a refusé ce qu’il nous proposait, parce qu’on voulait rester ensemble et s’entraider si on avait des problèmes. Et les vols qu’il nous proposait passaient par différents aéroports, et on craignait encore plus [la propagation du virus] », expose Claude Lamothe.  

Inquiets pour les voyageurs, leurs enfants ont alerté les médias et les députés sur leur situation, en plus de tenter de leur trouver des vols de retour. «Nous, là-bas, ça nous sécurisait de savoir ça. On a senti un appui de l’extérieur», avance Hélène Lamothe, qui salue le travail des autorités québécoises dans la crise.  

Au bout de quelques jours, le fils de Claude Lamothe a finalement réussi à dénicher six billets sur un aller Malaga-Montréal. Le 22 mars au matin, les voyageurs joignaient l’aéroport en taxi.  

À tout moment, des employés de l’aéroport leur rappelaient les consignes de sécurité – dont la distanciation sociale – pour éviter la propagation du coronavirus et identifier ses symptômes. «Ils étaient sévères pour le respect des distances. Mais ça se faisait bien», assure-t-il.  

Dans l’avion, bien que les passagers étaient sommés de demeurer à leurs sièges et de ne pas se rassembler, il était plus difficile de respecter le fameux mètre de distance. À un certain moment, même, le personnel a demandé s’il y avait un médecin à bord. Deux personnes «très âgées» auraient perdu conscience durant le vol. «Le stress a monté d’un cran. Il y avait quelqu’un de malade, c’était clair», avance Hélène Lamothe.  

Rien à Montréal  

À leur sortie de l’appareil, à Montréal, aucune mesure n’était mise en place pour faire face à la pandémie, se désolent les voyageurs. «C’est comme si les employés n’étaient pas encore conscients des risques», déplore-t-elle. «C’était l’enfer, les gens voulaient prendre leurs bagages et partir le plus tôt possible. Les gens étaient collés les uns sur les autres», renchérit son frère.  

Le groupe a pu louer une voiture, pour faire la route de Montréal à Québec, avant de se séparer en trois groupes et d’entamer l'isolement de 14 jours. Les proches des voyageurs s’étaient occupés de leur épicerie. «On est très sensibilisés et on est avec des personnes respectueuses des consignes», assure Claude Lamothe, qui se réjouit qu’aucun de ses camarades ne présente de symptômes de la COVID-19 actuellement.