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Le plan de Rafaël Harvey-Pinard pour jouer avec le CH

L'attaquant des Saguenéens Rafaël Harvey-Pinard
Photo d'archives, ANNIE T. ROUSSEL L'attaquant des Saguenéens Rafaël Harvey-Pinard

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L’annulation des séries de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a tristement marqué la fin de la carrière junior du capitaine des Saguenéens de Chicoutimi Rafaël Harvey-Pinard, qui espérait soulever la coupe du Président devant les siens, au Saguenay.

Rejoint au téléphone par TVA Sports, le combatif ailier essaie présentement de penser à autre chose, soit la prochaine étape de son parcours. Harvey-Pinard commence lentement mais sûrement sa préparation pour le camp des recrues du Canadiens de Montréal, lui qui attend d’ailleurs encore une offre de contrat de leur part.

Il gardait espoir, mais au fond de lui, il s’était un peu rendu à l’évidence que les activités ne reprendraient pas dans la LHJMQ, avant que le circuit n’en fasse l’annonce.

N’empêche, la déception demeure vive, et ce, même s’il a eu la chance de remporter la coupe Memorial l’an dernier. Car il avait la ferme conviction que les Saguenéens étaient capables de tout rafler.

Le capitaine des Saguenéens Rafael Harvey-Pinard
Photo d'archives, Annie T. Roussel
Le capitaine des Saguenéens Rafael Harvey-Pinard

«Sincèrement, oui, je me voyais gagner la coupe du Président avec les Sags, a-t-il avoué. On aurait eu nos chances de gagner la coupe Memorial également. On était vraiment allés chercher des joueurs d’impact.»

«Il y a eu une période d’adaptation sur la patinoire, mais je pense que tout le monde s’entendait bien en dehors de la glace. On avait une chimie excellente. Tout juste avant que la saison ne prenne fin, on jouait du gros hockey. On voyait que les gars étaient prêts pour entrer dans les séries. On croyait en nos chances.»

Harvey-Pinard n’a pas encore eu le courage d’aborder le sujet avec ses coéquipiers, dont la plupart n’ont jamais pu gagner le championnat de la LHJMQ, et encore moins le tournoi de la Coupe Memorial.

«Cette année, avec les Sags, on était quatre à avoir gagné le trophée, mais tous les autres n’avaient pas pu toucher à ça. Je suis déçu pour eux, mais je suis déçu pour moi aussi. J’avais l’objectif de gagner le trophée ici, chez nous, devant ma famille», a confié le natif de Jonquière,qui dresse néanmoins un bilan positif de son parcours junior.

«Ça doit encore être un sujet qui est quand même sensible [auprès des joueurs], a-t-il mentionné concernant l’annulation des séries. Les gars sont tous déçus encore. Je les ai juste remerciés pour la saison qu’on a vécue ensemble et je leur ai dit que je me suis fait des "chums" pour le reste de ma vie.»

Objectif : Rocket de Laval

La prochaine mission d’Harvey-Pinard? Se tailler un poste avec le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine.

Pour l’instant, il n’est toutefois pas lié contractuellement à l’équipe qui l’a choisi au septième tour du repêchage de 2019. Et le Tricolore n’a pas encore montré ses couleurs.

«Je n’ai eu aucune discussion avec eux, a confié le principal intéressé. Je laisse mon agent leur parler.»

Le CH se retrouve présentement dans une situation délicate. Sans compter ses 14 choix au prochain repêchage, il possède déjà un bassin d’espoirs imposant et doit composer avec une limite de 50 contrats pouvant être distribués. Harvey-Pinard pourrait donc devoir se contenter d’un contrat de la Ligue américaine.

Mais, à n’en point douter, il est prêt à faire des sacrifices. Même s’il s’agit de commencer dans la Premier AA Hockey League (ECHL), comme l’a fait un certain David Desharnais avant d’accéder à la grande ligue.

«J’accepterais de passer par là, a-t-il fait savoir. C’est sûr qu’à court terme, mon objectif, c’est vraiment le Rocket. Mais s’il faut que je passe par la ECHL, c’est certain que je vais le faire.»

Lorsqu’on lui demande quelles sont les aptitudes qui lui permettraient de réaliser son rêve de jouer dans la Ligue nationale, Harvey-Pinard offre une réponse songée.

«Je suis capable de jouer partout sur la patinoire, a-t-il fait valoir. Je suis autant bon dans ma zone qu’en zone offensive. Il y a aussi le fait que je me donne chaque présence. Au bout du compte, si tu veux te rendre loin au hockey, ça part beaucoup du travail. Ensuite, il s'agit de pouvoir jouer partout sur la patinoire. Ce sont deux aspects de mon jeu que je travaille chaque année et ça s’en vient de mieux en mieux.»

Le jeune homme semble d’ailleurs avoir tout ce qu’il faut pour tomber dans les bonnes grâces de l’entraîneur-chef du Rocket, Joël Bouchard, qui affectionne les joueurs fougueux de son acabit.

«Mon éthique de travail relevée me décrit comme joueur de hockey, a reconnu Harvey-Pinard. Joël aime ce genre de joueur. Pour moi, ce n’est pas pour autant un avantage, mais ça me pousse à travailler encore plus fort pour la saison prochaine.»

S’entraîner au temps de la COVID-19

Si elles représentent un mal nécessaire, les mesures sanitaires imposées par les différents gouvernements à travers le monde compliquent sérieusement le travail des athlètes, qui ne peuvent plus fréquenter les gymnases.

«Je n’ai plus accès aux grosses machines que l’on utilisait, par exemple, pour les squats», a expliqué Harvey-Pinard.

Cela dit, il y a moyen de garder la forme entre-temps. Il suffit d’être un peu plus créatif.

«Avant que l’on quitte, les Sags avaient prévu des programmes d’entraînement. Ils nous avaient passé du matériel de base : des élastiques, des poids, des ballons... J’ai quand même du "stock" pour m’entraîner», a indiqué l’espoir du CH.

Pour accéder à la LNH, Harvey-Pinard estime qu’il doit continuer de mettre l’accent sur la vitesse, un aspect du jeu sur lequel il a déjà beaucoup travaillé par le passé.

«Tu n’es jamais assez rapide pour jouer au niveau professionnel, a-t-il expliqué. Puisque je suis un joueur qui n’est pas parmi les plus gros, c’est important pour moi d’être vraiment rapide et d’être une coche au-dessus de tout le monde.»

Et il compte, bien entendu, prendre du coffre. Il ne veut pas pour autant sacrifier sa vitesse, mais il considère qu'un bon poids pour lui serait autour de 180 lb.

«L’autre aspect, a-t-il poursuivi, c’est augmenter encore ma masse musculaire. Je me suis beaucoup amélioré à ce chapitre, mais si je veux continuer à jouer au hockey, je vais affronter des hommes. Ça va être à moi d’arriver plus fort physiquement.»