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Les lois, c'est pour les imbéciles

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Le gouvernement Legault met actuellement beaucoup de mesures en place pour nous protéger de la propagation du virus, et ce, afin d’éviter le pire. Des mesures difficiles pour tous. La plupart des gens respectent ces directives, qu’elles soient sous la forme d’ordre ou de recommandation, mais certains d’entre eux n’ont vraiment rien compris et n’ont pas besoin de la carotte, mais bien du bâton!  

ORDRE OU RECOMMANDATION  

Dans le climat actuel, il faut comprendre qu’il y a une différence entre un ordre du gouvernement et une recommandation.   

Avec la recommandation, on fait appel au bon jugement des gens et à la logique universelle. Nonobstant, on ne peut pas forcer un citoyen à respecter une simple recommandation, puisqu’aucune sanction ne peut être imposée à une personne qui ne la respecterait pas. On s’attend ainsi à ce que la population générale respecte les recommandations gouvernementales, puisqu’on présume que la majorité des gens sont sensés et précautionneux de leur prochain.   

À titre d’exemple, plusieurs recommandations ont été émises par le gouvernement actuel, telles que celles de ne pas sortir, de se laver les mains, de rester à deux mètres des autres, etc.    

  • ÉCOUTEZ la chronique de Me Jean-Paul Boily à l'émission Avocats à la barre, sur QUB Radio:   

Avec l’ordre, on s’attend au même comportement de la personne raisonnable, comme décrit plus haut, mais on détient également le pouvoir de sanctionner les gens qui ne le respecteraient pas.   

On peut penser à l’ordre de ne pas se réunir, à celui de fermer tous les commerces et services non essentiels, à l’interdiction pour les personnes âgées hébergées dans un CHSLD de sortir sans accompagnement, à l’ordre du fédéral de rester en quarantaine pendant 14 jours lorsqu’une personne revient de voyage, etc.  

L’ordre est ainsi généralement utilisé pour pouvoir sanctionner les gestes les plus graves et les plus dommageables pour la société, et ce, afin de s’assurer d’avoir davantage de moyens si les gens ne le respectent pas.  

La plupart des gens sont en règle générale très consciencieux et respectent autant les recommandations que les ordres gouvernementaux, puisqu’ils ont l’intérêt général à cœur et qu’ils sont raisonnables.   

Par contre!  

LES IMBÉCILES  

Il y a les imbéciles, les «Bob», comme mon collègue Richard Martineau les appelle. Il y a des gens qui n’ont aucune considération pour les autres et qui ont besoin d’être fortement encadrés, voire sanctionnés, pour pouvoir fonctionner dans la société. Par exemple, s’il n’y avait aucune contravention imposée en matière de stationnement, certaines personnes ne respecteraient rien.   

Quand j’apprends dans les médias que des personnes, sans scrupules et sans honte, se sachant infectées par la COVID-19 vont visiter des gens ou circulent dans des quartiers du Québec, je me demande quand le gouvernement imposera un ordre clair et général afin que tous ceux et celles qui sont atteints par la COVID-19, ou qui présentent un des symptômes associés à cette maladie, soient dans l’obligation de ne pas sortir de leur domicile, et ce, sous peine d’accusations et de sanctions pénales.  

DES CONSÉQUENCES AUX GESTES  

Idéalement, il faudrait, au surplus, que cet ordre soit donné par le gouvernement fédéral, seul à être habilité à imposer des peines d’emprisonnement aux contrevenants. Le gouvernement provincial, quant à lui, en donnant un ordre, ne peut donner une peine d’emprisonnement, mais peut tout de même, à titre d’exemples, forcer une personne à rester à la maison, ordonner une surveillance policière et imposer des amendes.  

Ces amendes peuvent être salées, oui, mais est-ce suffisant? On parle ici de quelqu’un qui met volontairement la vie des autres en danger.   

Oui, on pourrait certainement l’accuser de négligence criminelle, comme je l’ai déjà écrit, mais la preuve est très complexe à faire, tandis que si le fédéral l’ordonne, il y aura une accusation criminelle qui sera prévue spécifiquement dans la loi et qui permettra de donner des peines d’emprisonnement du seul fait d’avoir enfreint l’ordonnance.   

Pas besoin de prouver que la personne contrevenante en a contaminé une autre et que cela a causé une hospitalisation ou un décès, comme c’est le cas en matière de négligence criminelle.  

Dans un autre ordre d’idées, il y a aussi les personnes qui ne respectent carrément pas les directives, qui s’en foutent. On a commencé à donner des amendes aux gens qui se rassemblent, mais je crois qu’il faudra sanctionner encore plus ceux qui ne respectent pas les consignes. Notre sécurité en dépend, au-delà de toute fermeture.   

À quoi ça sert de tout fermer si les gens ne respectent pas les mesures de distanciation sociale? On va tous à l’épicerie ou à la pharmacie et je constate qu’il y a beaucoup de gens qui ne respectent rien des directives. Si on a des symptômes grippaux, ce n’est pas le temps de sortir ou même d’aller consulter le pharmacien. Si on marche dehors, il faut prendre la peine de garder ses distances et ne pas faire comme si de rien n’était.  

C’EST DOMMAGE, TOUT LE MONDE FAIT DES EFFORTS  

C’est ce que je trouve dommage. Tout le monde fait des efforts sous les directives de nos dirigeants, mais il y a beaucoup de récalcitrants qui les sabotent. Il y a beaucoup de comportements qui ont eu lieu, qui restent maintenant impunis, qui ont permis au virus de gagner du terrain malgré toutes les actions prises en prévention par notre gouvernement pour éviter de se retrouver dans une situation comme celle de l’Italie ou de l’Espagne.   

C’est à chacun de faire son effort et de respecter les directives, et ce, qu’elles soient recommandées ou ordonnées par le gouvernement. Or, j’ai l’impression que ça prendra des sanctions plus élevées et sévères pour les récalcitrants et il faudra que l’exemple soit donné et que les autorités ne laissent pas faire ces contrevenants, et ce, pour maintenir la sécurité de tous.  

(Le crédit du titre de l’article revient à mon chroniqueur, Me Jean-Paul Boily, à l’émission AVOCATS À LA BARRE sur QUB radio. C’est son expression favorite pour décrire les gens qui sont dénués de «gros bon sens».)