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MLS: pause dévastatrice

Les pertes financières en cette période de crise sont énormes pour les équipes

GEN - POINT DE PRESSE STADE SAPUTO
Photo Martin Alarie 31$, c'est le revenu moyen, en dollars US, par billet en 2019 pour l’ensemble de la ligue.

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La MLS a suspendu ses activités au moins jusqu’au 10 mai et un tel arrêt en tout début de saison risque de faire mal financièrement à bien des équipes.  

Toutes les grandes ligues européennes disent être au bord du gouffre et pourraient voir de nombreuses équipes faire faillite sur le reste de la saison 2019-2020 est annulé. Et pourtant, on parle de ligues où les équipes ont des budgets importants.   

En guise d’exemple, la Gazetta dello Sport avançait cette semaine que Bologne, l’autre club de Joey Saputo, affichait des pertes de 21 millions d’Euros (32,4 M$ CAD).   

Dans une ligue comme la MLS, où l’essentiel des revenus provient des ventes de billets et des concessions, une longue interruption serait catastrophique financièrement pour de nombreuses équipes, surtout si on devait écourter le calendrier et finalement annuler les rencontres qui sont pour le moment reportées.   

Mais pour le moment, la ligue envisage toujours de disputer une saison de 34 matchs. C’est du moins ce qu’a confié le commissaire Don Garber à ESPN, mardi. Mais la situation de la pandémie aux États-Unis pourrait bien le forcer à revoir ses plans.   

Déficit  

Selon les estimations de Forbes, en 2018, 16 des 23 formations alors présentes dans le circuit Garber avaient enregistré un déficit d’opérations. Selon ces chiffres, les pertes de l’Impact étaient évaluées à 12 millions de dollars. Celles du Toronto FC (19 M$), de New York City FC (16 M$) et du Fire de Chicago (16 M$) étaient encore plus importantes.   

La situation est donc très préoccupante puisque même si la valeur des équipes est constamment en hausse, ça demeure purement spéculatif et ça ne se traduit pas encore sur les revenus qui sont, dans les 2/3 des cas, moins importants que les dépenses.   

Sur une belle erre d’aller depuis quelques années, la MLS pourrait subir un important contrecoup financier de cette crise provoquée par la pandémie de COVID-19.   

Grosses pertes  

En 2019, les revenus moyens par billet se situaient à 31 $ dans l’ensemble du circuit.   

Pendant ce temps, les revenus télévisuels sont minimes par rapport à ce qui est pratiqué dans les autres ligues nord-américaines.   

La MLS tire 75 M$ US annuellement de son entente avec ESPN et 15 M$ US pour les droits en espagnol qui sont détenus par Univision. Les deux contrats sont valides jusqu’à la fin de la saison 2022.   

La NFL reçoit un peu plus de cinq milliards annuellement de CBS, NBC et Fox pour ses droits de diffusion, le baseball majeur reçoit 5,1 milliards US de Fox pour les droits télévisuels jusqu’en 2028. ESPN et TNT vont avoir remis 24 milliards (G) de $ US à la NBA, soit 2,6 G $ une fois le contrat échu en 2025.   

Quant à la LNH, son entente avec NBC est valide jusqu’à la fin de la saison 2022 et lui rapporte 200 M$. Au Canada, Rogers et TVA Sports auront versé une somme totale de 5,2 G $ à la fin de l’entente qui les unit à la LNH jusqu’à la fin de la saison 2025-2026.   

Équipes affectées  

Pas besoin d’avoir une calculatrice scientifique pour comprendre que les revenus aux guichets sont importants pour les équipes de la MLS, surtout si la saison est annulée ou tronquée et que les formations doivent en plus accorder des remboursements à leurs abonnés de saison. Sans compter un éventuel remboursement aux diffuseurs qui n’auront pas eu de matchs à présenter.   

Pour le moment, ce sont entre deux et sept matchs qui sont reportés pour chacune des formations. En se basant sur les assistances moyennes de la saison dernière et sur le revenu moyen par billet qui était de 31 $ US pour l’ensemble de la ligue en 2019, on arrive à des chiffres qui ont de quoi faire frémir bien des clubs.   

Dallas s’en tire bien avec seulement deux matchs reportés et des pertes potentielles sous la barre du million de dollars. L’Impact n’a aussi que deux rencontres qui sont reportées pour le moment pour un manque à gagner légèrement supérieur à 1 M$.   

À l’autre bout du spectre, il y a une équipe comme Atlanta et ses énormes foules qui pourrait perdre près de 5 M$. La ville de la Géorgie n’est pas seule dans cette situation puisque Seattle et Cincinnati flirtent aussi avec des pertes de 5 M$.   

Tout ça ne demeure que conjecture pour le moment, mais on peut tout de même redouter l’effet dévastateur sur une ligue en plein développement si l’arrêt de travail devait se prolonger au-delà de la mi-mai.   

 Revenus et bénéfices d’opérations  

ATLANTA UNITED FOOTBALL CLUB   

  • 78 M$ (+7 M$)     

GALAXY DE LOS ANGELES   

  • 64 M$ (+5 M$)      

LOS ANGELES FOOTBALL CLUB    

  • 50 M$ (-5 M$)      

SOUNDERS FC DE SEATTLE   

  • 47 M$ (+1 M$)     

TIMBERS DE PORTLAND    

  • 47 M$ (+4 M$)     

NEW YORK CITY FC   

  • 45 M$ (-16 M$)     

SPORTING DE KANSAS CITY    

  • 43 M$ (+1 M$)     

TORONTO FC   

  • 43 M$ (-19 M$)     

D.C. UNITED    

  • 41 M$ (+1 M$)      

ORLANDO CITY SOCCER CLUB   

  • 39 M$ (-1 M$)      

RED BULLS DE NEW YORK   

  • 36 M$ (-6 M$)     

EARTHQUAKES DE SAN JOSÉ    

  • 35 M$ (-5 M$)     

FC DALLAS   

  • 33 M$ (-7 M$)     

REVOLUTION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE   

  • 29 M$ (-2 M$)     

MINNESOTA UNITED FC   

  • 24 M$ (-8 M$)      

DYNAMO DE HOUSTON   

  • 23 M$ (-6 M$)     

FIRE DE CHICAGO   

  • 23 M$ (-16 M$)      

REALT SALT LAKE    

  • 21 M$ (+2M$)     

UNION DE PHILADELPHIE   

  • 21 M$ (-5 M$)      

WHITECAPS DE VANCOUVER   

  • 20 M$ (-5 M$)     

RAPIDS DU COLORADO    

  • 18 M$ (-5 M$)     

CREW SC DE COLUMBUS   

  • 18 M$ (-8 M$)     

IMPACT DE MONTRÉAL    

  • 18 M$ (-12 M$)     

FC CINCINNATI    

  • N/A      

Selon Forbes en 2018, les montants sont en $ US