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Un entraînement pour stimuler le cerveau

Dr Steven Laureys
Photo courtoisie Dr Steven Laureys

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Neurologue mondialement reconnu, le professeur belge Steven Laureys a étudié les effets de la méditation sur le corps et l’esprit en prenant le moine bouddhiste connu Matthieu Ricard comme « cobaye ». Les résultats de ses recherches scientifiques, vulgarisées dans son nouveau livre, ont démontré que non seulement la méditation stimule le fonctionnement cérébral, mais elle le modifie aussi de manière positive.

<b><i>La Méditation, c’est bon pour le cerveau </i></b><br/>
D<sup>r</sup> Steven Laureys<br/>
Éditions Odile Jacob<br/>
270 pages
Photo courtoisie
La Méditation, c’est bon pour le cerveau
Dr Steven Laureys
Éditions Odile Jacob
270 pages

Dans La Méditation, c’est bon pour le cerveau, le Dr Steven Laureys explique les recherches qu’il a menées, d’une manière très accessible. Il est convaincu que la méditation a changé sa propre vie et celle de plusieurs de ses patients.

Les bienfaits sont nombreux, observe-t-il : moins de stress, amélioration du sommeil, meilleure concentration, diminution de l’anxiété, effets antidépresseurs et antidouleur.

En entrevue, il résume ses recherches et les conclusions qui en ont été tirées, notamment lors d’une série d’examens où le cerveau est stimulé avec un aimant. « On a démontré comment Matthieu avait un contrôle volontaire très direct et très important de son activité cérébrale. Dans le livre, j’utilise surtout Matthieu et nos recherches ; c’est un peu un “super cobaye” qui permet d’illustrer ce qu’on sait aujourd’hui de la méditation et de résumer ce que les autres labos ont démontré. Notre grande expertise, c’est quand même le cerveau blessé. »

Mémoire et attention

Le moine Matthieu Ricard, interprète en français du dalaï-lama, s’est rendu dans leurs laboratoires pour faire toutes sortes de tests. La photo de la page couverture du livre en témoigne. « Tout d’abord, on l’a mis dans la résonance magnétique pour faire des photos du cerveau et de la matière grise. Il a plus de 70 ans. Et quand on compare son cerveau à celui d’autres personnes qui ont plus de 70 ans, eh bien, sa matière grise est bien préservée, dans son ensemble, et en particulier dans des régions qui sont importantes pour la mémoire, pour l’attention et le contrôle des émotions. »

Les chercheurs ont découvert que Matthieu Ricard avait plus de connexions entre l’hémisphère gauche et droit de son cerveau. « Ses deux parties du cerveau communiquent mieux. »

Ils ont également examiné l’activité électrique de son cerveau. « On voit que la méditation, ce n’est pas penser à rien. Au contraire : il y a une augmentation de son activité, de sa connectivité. La méditation, c’est prendre conscience de cette activité mentale et prendre le contrôle là-dessus. »

Vieillissement

Les experts se sont penchés sur le vieillissement, en faisant d’autres tests. « Normalement, à partir de 30 ans, l’activité du cerveau commence à diminuer. Et quand on va méditer, c’est clair qu’on ne va pas diminuer le vieillissement, mais ça va ralentir ce processus de vieillissement. Il y a même des études qui regardent si ça ne peut pas aider les personnes qui commencent une démence. »

« Ce n’est pas quelque chose qui va nous guérir de la maladie d’Alzheimer, mais il a été démontré que ça va avoir un effet positif, aussi bien sur le vieillissement normal que sur certaines maladies dégénératives. »

Huit semaines

Le Dr Laureys explique que la méditation est un entraînement mental, au même titre que l’entraînement physique. « La méditation peut être une série d’exercices, de techniques. En fonction de l’exercice, on va développer vraiment différentes parties de son cerveau. »

Il précise qu’il n’est pas nécessaire d’être un moine bouddhiste pour bénéficier des effets positifs de la méditation. « Si vous commencez à méditer, vous allez voir aussi les mêmes changements, déjà, après huit semaines. C’est à la portée de tout le monde. Il y a une série de choses que vous pouvez apprendre. »


♦ Le professeur Steven Laureys est neurologue et directeur de recherche au FNRS.

♦ Il dirige le Centre du cerveau2 au CHU de Liège (Belgique) et l’unité de recherches GIGA Consciousness et Coma Science Group de l’Université de Liège.

♦ Il est connu pour ses travaux sur la conscience des patients qui ont des lésions cérébrales.