/misc
Navigation

La clé de la lutte contre la COVID-19: la confiance

La clé de la lutte contre la COVID-19: la confiance

Coup d'oeil sur cet article

Nous entamons une autre semaine de confinement et nous savons que le prix à payer pour limiter la propagation et atténuer le poids sur nos hôpitaux est élevé. Pourtant, François Legault, Horacio Arruda et Danielle McCann nous ont convaincus de respecter les consignes. Malgré la présence de quelques délinquants, nous leur faisons confiance jusqu’à maintenant. 

Dans un article publié ce matin sur le site de The Atlantic, le très respecté et influent Francis Fukuyama avance que la confiance est l’élément déterminant dans la lutte que nous menons.  

La réflexion de Fukuyama débute par un détour en Chine. Les dirigeants, critiqués à juste titre pour avoir tenté de dissimuler l’information et pénalisé le lanceur d’alerte Li Wenliang (décédé depuis de la COVID-19), incarnaient les dérives des régimes autoritaires. Si l’Occident portait un jugement très sévère il y a quelques mois, la situation a bien changé depuis. 

La Chine semble avoir repris le contrôle de la situation alors que plusieurs régimes démocratiques sont confrontés à une situation dramatique. Le partage et l’équilibre des pouvoirs freinent-ils ou entravent-ils la lutte contre le virus? 

Fukuyama avance que certains dirigeants, à l’image des dirigeants chinois au début de la crise, ont tenté d’atténuer la portée de la menace. Certains le font encore. Il cite les noms de Jair Bolsonaro, Boris Johnson, Andres Manuel Lopez Obarador et Donald Trump. 

S’il est d’abord tenté d’envisager la situation sous le seul angle de la gestion autoritaire ou non de la crise, le professeur et auteur s’attarde ensuite à un autre indicateur déterminant pour les démocraties occidentales: la confiance dans nos dirigeants. Peu importe le style de gestion, une démocratie repose d’abord sur cet élément. 

Malgré la séparation et l’équilibre des pouvoirs, un régime démocratique peut avoir une direction ferme, un leadership solide qui permet des actions rapides et concertées. C’est ce que nous observons au Québec présentement et ce qui a été observé dans les pays qui parviennent à limiter les dégâts comme la Corée du Sud ou l’Allemagne. Pour y parvenir, les dirigeants comptent sur un niveau de confiance plus élevé qu’ailleurs. 

Lors de grandes périodes de crise avant la crise actuelle, les États-Unis ont su se regrouper derrière des présidents en qui ils avaient confiance. Les Lincoln, Wilson, Roosevelt et Bush jr ont tous bénéficié d’un niveau de confiance particulièrement élevé. Pourtant, eux aussi devaient composer avec la séparation des pouvoirs, les tribunaux ou la Constitution. Les défis relevés par ces meneurs étaient colossaux, mais la population a accepté de les suivre. 

Les États-Unis d’aujourd’hui, comme ceux des époques précédentes, peuvent bénéficier des conseils de très nombreux experts. Peu importe le domaine étudié, les chercheurs américains ou les conseillers se retrouvent bien souvent au sein de l’élite mondiale. Comment expliquer que cette somme de connaissances et d’expertise ne parvient pas à préparer le pays à l’éventualité d’une pandémie ou à mieux limiter les dégâts? Pour Fukuyama la réponse est évidente: le pays traverse une crise de confiance. 

Si on ne peut imputer à Donald Trump l’entière responsabilité de cette crise de confiance, Fukuyama considère que la gestion chaotique du président ne fait qu’aggraver la situation.  

Si votre maîtrise de l’anglais est suffisante, je vous invite à lire la réflexion de l’éminent chercheur. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.