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Ne nous faisons pas d’illusions!

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« Du hockey en août, peut-être », titrait Le Journal, dans sa livraison d’hier matin.

Un commentaire de Bill Daly, l’adjoint de Gary Bettman, qui ne cache pas que c’est un objectif que regardent attentivement les décideurs de la Ligue nationale de hockey.

Mais, si on s’attarde sur les commentaires des spécialistes en gestion sportive, des entreprises qui sont embauchées par les équipes professionnelles pour dresser des modèles d’affaires selon l’économie en cours, ils sont beaucoup moins optimistes.

Et, on peut facilement le comprendre.

Évidemment, les ligues professionnelles cherchent à amenuiser les pertes encourues par l’arrêt des activités en se tournant vers un partenaire important : la télévision. Les diffuseurs sont les seuls à pouvoir entrer dans les stades.

« Oublions les assistances, car, avant qu’on fasse fonctionner les tourniquets, ça pourrait prendre deux ans, » souligne une entreprise qui vient tout juste de déposer un rapport détaillé sur ce qui attend le sport professionnel.

Comment en vient-on à une telle conclusion ?

En soutenant que les amateurs auront moins de sous pour assister aux événements sportifs et, tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas entièrement freiné cette pandémie, il existera toujours une crainte même si on permet de franchir les tourniquets des amphithéâtres et des stades.

« Quand on aura découvert un vaccin, la situation va changer... mais combien de temps prendra-t-on pour inonder le marché avec un vaccin assurant la fin du coronavirus ? 12 mois, 18 mois, deux ans ? On ne le sait pas. »

La crainte des joueurs

Autre point à noter dans le rapport. Qu’en pensent les principaux acteurs, les joueurs ? Ceux consultés, dans une grande majorité, précisent qu’ils hésiteront avant de reprendre le collier s’ils n’obtiennent pas l’assurance qu’ils ne sont plus à risque.

Donc, en quoi consistera le protocole de retour au travail ?

Demandera-t-on aux joueurs d’entrer dans une « retraite fermée », c’est-à-dire de quitter le foyer pour une longue période ?

Un scénario qui est loin de faire l’unanimité.

Je vous mentionnais que les analystes sont tout d’accord sur un point : la télévision peut résoudre les problèmes économiques, du moins dans une certaine mesure. Mais, les partenaires des différentes ligues professionnelles, détenteurs des droits de radiodiffusion et de télédiffusion, eux aussi n’échappent pas à de sérieux problèmes financiers.

Les pertes d’emplois se multiplient et pour une raison : les annonceurs n’ont plus les budgets pour investir dans le marketing et la commercialisation.

Par conséquent, les détenteurs des droits nationaux ou régionaux poseront des conditions importantes. Les règles du jeu ont changé.

La NFL : l’immunité ?

Pour le baseball majeur, la NBA, la LNH et la MLS, il s’agit d’une situation où l’on voudra s’asseoir et revoir certaines conditions... évidemment sur le plan monétaire. Pour la NFL, c’est différent. Avec un contrat de près de
5 milliards de dollars avec les différents réseaux, on a déjà dressé plusieurs scénarios.

Le plus récent serait d’amorcer la saison au mois de novembre jusqu’en avril.

Il y a le baseball qui pourrait amorcer sa saison en juin, possiblement en juillet, devant des gradins vides. Mais pourra-t-on présenter 162 matchs ? Non.

Et le hockey et ses propriétaires songent à présenter des matchs en juillet, en août et en septembre et ensuite embarquer dans la nouvelle saison 2020-21, six semaines plus tard.

Vous voyez ça, les cinq ligues professionnelles occupant la grille horaire quotidienne en même temps.

Et, à cet égard, croyez-vous que le dollar sportif aura la même valeur ? Va-t-on baisser les prix quand l’on permettra aux gens de venir à l’amphithéâtre ou au stade ?

Révision des contrats

Par contre, il y a la télé.

Pas de doute, avec les tourniquets qui ne fonctionnent pas, on réalisera de spectaculaires heures de grande écoute. Cependant, il s’agira aussi d’une occasion unique pour les télédiffuseurs de remettre en question des clauses des contrats signés il y a quelques années.

« Quand tout reprendra, souligne l’étude de conseillers en gestion, il est assuré que l’économie mondiale sera en récession. »

Raison de plus pour que les décideurs des différents réseaux prévoient le coup. Ils seront dans une position idéale pour exiger que le partenariat avec le sport se poursuive, mais avec des conditions plus favorables, invitant ainsi les différentes ligues à revoir leur gestion des salaires.

Présentement, il y a beaucoup moins de liquidités dans les coffres des différentes ligues, à l’exception de la NFL, et dans les coffres des annonceurs.

Avant de parler de reprendre les activités en août, quand on regarde ce qui se passe dans le monde et, surtout aux États-Unis, il ne faudra pas se faire trop d’illusions.