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COVID-19: des épiciers pris de court par la fermeture le dimanche

Des impacts négatifs potentiels pour les clients et les employés à temps partiel

Intermarché Boyer
Photo Pierre-Paul Poulin Franck Hénot est propriétaire de l’Intermarché Boyer, une épicerie située dans l’arrondissement montréalais du Plateau Mont-Royal.

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Des épiciers se demandent si la décision surprise de François Legault d’ordonner leur fermeture le dimanche n’aura pas plus d’inconvénients que de bienfaits.

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« Ma grande crainte, c’est : qu’est-ce qu’on va vivre le vendredi, le samedi et le lundi ? Je me dis que [les clients] vont tous être déchaînés ! » lance Franck Hénot, propriétaire de l’Intermarché Boyer, à Montréal.

Capables de garder le rythme

En privé, certains exploitants de supermarchés réclamaient une fermeture le dimanche, mais l’Association des détaillants en alimentation du Québec n’avait pas formulé de demande officielle à cet effet, indique Stéphane Lacasse, directeur des affaires publiques et gouvernementales du regroupement. 

« On était capables de maintenir le rythme [à sept jours par semaine] avec des rotations d’employés, des choses comme ça, mais on comprend la situation », affirme M. Lacasse.

Le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), qui représente les géants Metro, Provigo et IGA, estime toutefois que la fermeture le dimanche permettra de réduire les temps d’attente pour les commandes en ligne, qui peuvent actuellement atteindre jusqu’à une semaine. Les supermarchés pourront faire des livraisons à domicile le dimanche.

Il reste que la fréquentation des supermarchés sera désormais concentrée sur six jours plutôt que sept, ce qui pourrait rendre plus difficile le respect de l’éloignement physique.

« Il va y avoir une légère augmentation de l’achalandage, mais je ne pense pas que ça va être catastrophique », soutient Jean-Francois Belleau, directeur des relations gouvernementales pour le Québec au CCCD.

Par ailleurs, la mesure fera fondre les revenus de certains salariés à temps partiel. « Tout le monde ne pourra pas être replacé sur six jours, confie M. Hénot. [...] Je vais devoir couper des heures. »

Travailleurs épuisés

Malgré tout, les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) ne trouvent rien à redire sur la décision du gouvernement.

« La COVID-19 a mis une pression énorme sur nos travailleurs et ils sont épuisés », fait remarquer Roxane Larouche, représentante nationale des TUAC, en précisant que des dizaines de syndiqués sont malades ou en isolement préventif.

Du côté des dépanneurs et des stations-service, on se réjouit de pouvoir rester ouvert sept jours par semaine.

« Il y a des dépanneurs qui ont perdu pas loin de 50 % de leur chiffre d’affaires. Cette décision est un baume pour certains », a réagi Yves Servais, directeur de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec.

– Avec Jean-Michel Genois Gagnon