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Des centaines de mises à pied évitées grâce au secteur militaire

L’expérience d’Héroux-Devtek en Espagne l’a aidée à manœuvrer au Québec

Martin Brassard
Photo Chantal Poirier Martin Brassard, PDG d’Héroux-Devtek, dans une usine de la firme, à Longueuil.

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Des contrats militaires jugés essentiels par le gouvernement permettent à l’entreprise aéronautique Héroux-Devtek de maintenir presque intégralement l’activité dans ses usines québécoises.

« On a réorienté nos activités pour prioriser celles qui sont dans la défense. Ça nous permet d’avoir le moins d’impact possible sur notre main-d’œuvre. J’aime mieux voir mes employés au travail qu’au chômage », explique au Journal le grand patron d’Héroux-Devtek, Martin Brassard.

L’entreprise a quand même dû mettre à pied 85 de ses salariés québécois. Mais environ 700 autres travaillent toujours dans ses installations de Longueuil, Montréal et Laval.

Les revenus d’Héroux-Devtek sont répartis également entre les secteurs civil et militaire. 

Un de ses plus importants clients est l’armée de l’air des États-Unis, mais certains contrats concernent des missions humanitaires.

Le constructeur d’hélicoptères Bell Textron s’est également appuyé sur des contrats gouvernementaux, notamment avec la Garde côtière canadienne, pour poursuivre la quasi-totalité de ses activités à Mirabel.

Réaménagement des usines

Comme toutes les entreprises qui ont la permission de garder leurs usines ouvertes, Héroux et Bell ont modifié leurs méthodes de production pour s’assurer de ne pas propager le coronavirus.

« On respecte la distance de deux mètres, et même plus. On a tout réarrangé les postes de travail et on a fait beaucoup de sensibilisation. [...] Il y a même de grandes multinationales qui nous appellent pour savoir comment on fonctionne », relate M. Brassard.

« Lorsqu’il y a des contacts très près, nos gestionnaires vont parler aux employés et leur disent “on s’éloigne un peu, vous êtes trop proches”. S’il y a des gens qui ont des symptômes, c’est une quarantaine préventive. Même chose pour tous ceux qui ont été en contact étroit avec la personne. On attend les tests, et aussitôt qu’on a les résultats, quand ils sont négatifs, tout le monde revient. »

Aucun cas

Héroux-Devtek s’est inspirée des procédures mises en place dans ses deux usines situées en Espagne, l’un des pays les plus touchés par la crise. 

Celles-ci ont finalement dû suspendre la majeure partie de leurs activités lundi, à la demande du gouvernement.  

« On a 18 usines dans le monde et on n’a eu aucun cas de contamination sur place », se félicite Martin Brassard. Les seuls salariés d’Héroux atteints par la COVID-19 ont contracté le virus à l’extérieur de leur milieu de travail.