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COVID-19: des masques disponibles, assurent des entreprises d’ici

Au moins deux entrepreneurs disent avoir des fournisseurs à l’étranger, mais le contact avec les autorités est difficile

Dominique Plouffe Masques
Photo courtoisie Dominique Plouffe
Propriétaire de Service Marine Canada

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Des entreprises québécoises ayant des fournisseurs à l’étranger prêts à fournir des milliers de masques souhaiteraient aider le réseau de la santé à s’approvisionner, mais déplorent que le contact soit difficile à établir avec les autorités.

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Œuvrant dans le domaine maritime, Dominique Plouffe s’est fait offrir des masques par un de ses fournisseurs chinois et a immédiatement songé à la pénurie qui s’annonçait dans le réseau de la santé.

Mardi, le premier ministre François Legault a annoncé que les réserves d’équipements de protection individuelle étaient pour une durée de trois à sept jours. Même si des commandes devaient arriver mercredi selon le gouvernement, la situation demeure malgré tout complexe.

«Au début, je pensais que mon fournisseur, qui a toutes les certifications, me parlait de quelques caisses, mais quand ils m’ont dit en produire 300 000 par jour, j’ai allumé que ça pouvait aider», raconte le propriétaire de Service Marine Canada, établi à Saint-Jean-sur-Richelieu.

«Je peux avoir 1 million de masque en une semaine», estime-t-il.

Contacts ardus

Les difficultés ont commencé quand il a commencé à vouloir contacter les services publics pour offrir son aide. Des hôpitaux, des municipalités et des services de police n’ont pas retourné ses appels. En fait, seul le CIUSSS de la Montérégie-Centre a réagi rapidement.

«Ils m’ont passé deux commandes de 100 000 masques et ils devraient les avoir en début de semaine prochaine. J’ai dit à tout le monde qu’il ne fallait pas attendre parce qu’on n’est pas les seuls à en chercher, mais personne ne bouge», se désole M. Plouffe, qui a eu des contacts «assez courts» avec le ministère de la Santé.

«lls voulaient avoir les contacts de mon distributeur. L’entreprise là-bas, je fais affaire avec eux depuis longtemps et ils m’ont dit qu’ils ne vendraient pas à n’importe qui, que ça devait passer par moi», explique l’entrepreneur. «Le ministère ne m’a jamais rappelé», ajoute celui qui estime que «le message ne se rend pas à la bonne place».

Volume minimal d’achat

Le son de cloche est le même pour James Dixon, propriétaire de 911Pro, spécialisé dans les technologies pour véhicules d’urgence.

Ses fournisseurs sont sérieux et pourraient donner un coup de pouce important à Québec.

«Il y a des producteurs qui produisent en masse et qui sont très crédibles. Oui il y a des masques de disponibles, il faut juste un volume suffisant pour réussir à avoir l’attention. Actuellement, en bas d’un million de masques, rien ne peut être traité, mais le gouvernement pourrait passer des commandes suffisantes», croit l’entrepreneur qui se dit prêt à accompagner le gouvernement.

Selon lui, les délais de transport s’étirent toutefois rapidement, d’où l’urgence de bouger. «Actuellement, ça varie de 3 à 14 jours et ça risque d’augmenter».

«La preuve est là»

Ces témoignages font dire à des représentants syndicaux du milieu de la santé que c’est le moment de sauter sur l’occasion.

Laurier Ouellet, représentant de la FIQ dans Chaudière-Appalaches ne comprend pas pourquoi le gouvernement dit peiner à assurer ses commandes alors que des compagnies privées disent être en mesure de commander des milliers de masques en une semaine.

«La preuve est là. On le voit qu’il y en a sur le marché, c’est juste aux employeurs à se décider», lance le responsable syndical, rappelant l’urgence de la situation. «Parce que là, parti comme c’est là, c’est nous autres le personnel de la santé qui va contaminer le plus de gens».