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Le maire Loranger meurt subitement à 73 ans

Le politicien coloré et controversé est décédé à la suite de problèmes cardiaques

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Admis d’urgence à l’hôpital mercredi, pour des problèmes cardiaques, le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, a rendu l’âme au cours de la nuit à la suite de « complications ».  

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Son décès, aussi subit qu’inattendu, a semé la consternation, jeudi, dans le monde politique municipal. La Ville a confirmé la nouvelle en matinée vers 9 h 30.        

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Selon la conseillère municipale Sylvie Falardeau, qui était très proche du maire depuis plus de 30 ans, ce dernier a été amené par ambulance à L’Hôtel-Dieu avant d’être transféré à l’Institut universitaire de cardiologie de Québec. Son cœur a cependant flanché durant la nuit.     

Le Journal avait rencontré M. Loranger en janvier dernier, avant une séance extraordinaire du conseil de ville de L’Ancienne-Lorette.
Photo d’archives, Simon Clark
Le Journal avait rencontré M. Loranger en janvier dernier, avant une séance extraordinaire du conseil de ville de L’Ancienne-Lorette.

« C’est très difficile pour moi. C’est moi qui suis allée cette nuit avec son épouse, a-t-elle confié en entrevue. Ils ont essayé de déboucher ses artères, mais il n’y avait rien à faire. C’est une grande perte pour la Ville de L’Ancienne-Lorette. Depuis janvier, il travaillait vraiment fort. On avait dû lui dire à un moment de se calmer un peu, mais Émile, c’est un intense, vous le connaissez, c’est tout ou rien. »    

Émile Loranger, entouré de quatre conseillers municipaux, à sa première élection en 1983.
Photo d'archives, Richard Cloutier
Émile Loranger, entouré de quatre conseillers municipaux, à sa première élection en 1983.

Un politicien pugnace  

Mardi soir, le politicien de 73 ans, reconnu pour sa pugnacité et son franc-parler, présidait pourtant la séance régulière du conseil municipal comme si de rien n’était, n’hésitant pas à se frotter à ses opposants, comme d’habitude. Ses adversaires lui remettaient sur le nez ses agissements qui sont à l’origine d’enquêtes de la Commission municipale. Dans la dernière année, il avait écopé d’une suspension de 60 jours pour des entorses à l’éthique.    

Il avait été à la tête du mouvement des défusions dans les années 2000.
Photo d’archives, Yvon Caron
Il avait été à la tête du mouvement des défusions dans les années 2000.

« M. Loranger était en forme et présent à l’hôtel de ville tous les jours. Son état de santé ne laissait pas présager les événements », a témoigné la mairesse suppléante Sylvie Papillon en point de presse, jeudi.    

Personnage coloré et controversé, il a été élu neuf fois à la tête de la municipalité depuis 1983. Il s’était notamment battu contre la fusion avec la Ville de Québec au tournant des années 2000 et avait réussi à se faire réélire à la tête de la nouvelle ville défusionnée, à la fin de l’année 2005.    

La bataille de sa vie  

L’ex-maire, photographié en octobre 1992 devant la bibliothèque de la ville, qui avait été construite à la suite d’un référendum.
Photo d’archives, Yvon Caron
L’ex-maire, photographié en octobre 1992 devant la bibliothèque de la ville, qui avait été construite à la suite d’un référendum.

M. Loranger menait par ailleurs depuis plusieurs années la plus grande bataille de sa carrière politique contre l’agglomération de Québec. Accusant la Ville de Québec de surfacturer la sienne, il avait d’ailleurs remporté la première manche en Cour supérieure.    

Il n’aura finalement jamais assisté à la conclusion de cette saga juridique qui se transportera devant la Cour d’appel en 2021. L’ex-maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau, qui était à ses côtés au début de cette bataille, retiendra de lui qu’il n’a jamais baissé les bras. « C’est un gars qui est allé jusqu’au bout de ses convictions. C’était un passionné. »    

Les drapeaux de l’hôtel de ville ont été mis en berne jeudi. De nombreux politiciens municipaux, provinciaux et fédéraux lui ont rendu hommage jeudi sur les réseaux sociaux et une cérémonie officielle aura lieu dès qu’il sera possible de le faire. Il est trop tôt pour envisager la tenue d’une élection partielle, en raison de la pandémie.    

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Un politicien qui a marqué la région  

« Le décès d’Émile Loranger nous attriste profondément. La région perd un homme politique qui a toujours eu à cœur le succès du développement de la Ville de L’Ancienne-Lorette et la qualité de vie de ses citoyens. Il aura marqué l’histoire politique de la région. »  

- Régis Labeaume, maire de Québec   

« C’est un maire qui était collé sur sa population. Il avait à cœur le citoyen. C’était sa préoccupation. C’est ce qui explique sa longévité. »  

- Gilles Lehouillier, maire de Lévis   

« J’ai côtoyé Émile à partir de 1994, quand j’ai été élu à la mairie de Sillery. Il était quand même reconnu comme un bon gestionnaire municipal, qui gardait les taxes basses tout en offrant de bons services. Il était proche des gens. »  

- Paul Shoiry, ex-maire de Sillery   

« On a eu une séance mardi... Je n’ai jamais pensé qu’il aurait pu nous quitter cette semaine. C’est arrivé tellement vite. Malgré nos divergences d’opinions, M. Loranger était un fier Lorettain et il laisse un grand legs à notre ville. »  

- Charles Guérard, conseiller municipal de L’Ancienne-Lorette