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Des cigarettiers se posent en sauveurs

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Des cigarettiers misent sur une plante de la famille du tabac pour développer un vaccin contre le coronavirus et c’est à Québec que la percée pourrait survenir.

« On travaille avec une cousine du tabac, la nicotiana benthamiana, qui ne se fume pas », explique Jean-Luc Martre, vice-président au marketing chez Medicago.

L’entreprise intègre à cette plante des « particules pseudo-virales » qui permettent de fabriquer des vaccins.

Medicago est détenue par le japonais Mitsubishi Tanabe (66 %) et le géant du tabac Philip Morris International (33 %).

« Il s’agit d’un exemple de la rapidité avec laquelle la science et l’innovation peuvent obtenir des résultats positifs pour la société, peu importe qui finance les travaux », s’est félicité Philip Morris.

Un autre grand cigarettier, BAT, propriétaire d’Imperial Tobacco, a annoncé mercredi qu’une de ses filiales travaillait également à un vaccin contre le coronavirus en recourant à un procédé semblable.

Ironiquement, les fumeurs courent un risque plus élevé de développer des complications à la COVID-19, selon des experts médicaux.

Développement rapide

Medicago n’a mis que 20 jours pour développer un prototype de vaccin après avoir reçu le génome du virus. L’entreprise espère lancer des essais cliniques sur des humains dès cet été. 

En temps normal, le vaccin ne pourrait pas être commercialisé avant novembre 2021, mais Medicago veut convaincre les autorités réglementaires d’accélérer le processus.

« Nous, les employés, nous sommes très conscients de l’importance de travailler fort et d’obtenir des résultats le plus rapidement possible », dit M. Martre.

Medicago agrandit actuellement son usine de Québec, des travaux jugés essentiels qui se poursuivent grâce à une autorisation spéciale du gouvernement. Juste à côté, l’entreprise exploite des serres où est cultivée la nicotiana benthamiana.