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Masques N95 retenus: Trudeau lance un avertissement aux États-Unis

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OTTAWA | Le premier ministre Trudeau prévient les États-Unis qu’ils commettent une «erreur» s’ils restreignent l’accès au Canada à leurs exportations de matériel médical essentiel à la lutte au coronavirus. Il croit toutefois pouvoir se faire persuasif et éviter pareil scénario. 

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«Il y a des produits médicaux essentiels qui vont dans les deux sens à travers notre frontière et ce serait une erreur pour nos pays d’en limiter l’accès», a tonné Justin Trudeau vendredi. 

Une source gouvernementale a plus tard affirmé que le Canada expédie davantage de fournitures médicales aux États-Unis que l’inverse. Selon les chiffres avancés, les Américains ont reçu pour 6,6 milliards $ de matériel en 2019, contre 6,2 milliards $ envoyés. 

La compagnie américaine 3M est forcée par la Maison-Blanche de cesser d’expédier des masques N95 vers le Canada et l'Amérique latine, a-t-elle annoncé par communiqué tout en contestant cette décision lourde de «conséquences humanitaires». 

ÉCOUTEZ l'analyse du point de presse par Vincent Dessureault et Geneviève Pettersen, sur QUB radio:  

Pressé de questions sur le sujet en point de presse, le président Trump s’est dit mécontent de la réponse de 3M. Il a toutefois ajouté qu’il ne bloquerait pas les commandes prévues de longue date vers des pays qui en ont cruellement besoin, donnant l’Italie en exemple. 

Pendant ce temps, Ottawa multiplie les efforts pour faire reculer l’administration américaine en faisant valoir que de fermer la frontière canado-américaine à des échanges essentiels n’est une bonne décision pour personne. 

«Il y a des milliers d’infirmiers et d’infirmières de Windsor [en Ontario] qui vont travailler à Detroit [au Michigan] à chaque jour et dont les Américains dépendent», a insisté le premier ministre. 

La vice-première ministre Chrystia Freeland a assuré que le Canada est «totalement saisi» de la question et espère pouvoir rectifier le tir «de manière positive», sans avoir à riposter avec des mesures de représailles. 

«Nous comprenons qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort que d’avoir l’équipement de protection personnel nécessaire, et particulièrement pour les travailleurs de la santé de première ligne», a-t-elle lancé. 

Elle a souligné du même souffle qu’Ottawa n’en est pas à ses premières difficultés avec Washington depuis le début de la pandémie de COVID-19 et que chacune d'elles a pu être résolue jusqu'à présent. Elle a mentionné au passage l’idée avec laquelle la Maison-Blanche a jonglé d’envoyer des militaires à la frontière. 

Il n’a pas été possible de savoir combien de masques étaient en jeu dans les envois prévus de 3M, vendredi. On sait néanmoins que le gouvernement Trudeau a récemment commandé 65 millions de masques N95 et 157 millions de masques chirurgicaux à différents fournisseurs. 

-Avec Guillaume St-Pierre