/entertainment/comedy
Navigation

Coronavirus : Juste pour rire et Zoofest reportés à l’automne

Coup d'oeil sur cet article

La crise du coronavirus a eu raison du festival Juste pour rire, cet été. Mais l’organisation n’a pas dit son dernier mot puisqu’au lieu d’annoncer l’annulation complète de son événement, elle a réussi à reporter son festival cet automne, du 29 septembre au 11 octobre. Le report inclut aussi Just For Laughs, Zoofest et Off-JFL. 

• À lire aussi: Les Francos et le Festival de Jazz sont annulés  

« Dans les circonstances, c’est une bonne nouvelle, admet Patrick Rozon, vice-président aux contenus francophones du Groupe Juste pour rire. On a été capable de le faire. On s’accroche à ça, présentement. » 

Ces derniers jours, le Groupe Juste pour rire nageait dans différents scénarios pour ses festivals. « On a regardé rapidement si on avait des salles disponibles pour reporter l’événement à l’automne, dit Patrick Rozon. C’était notre premier scénario. Dès qu’on a vu qu’on pouvait attacher le tout, et que ça fonctionnait avec les artistes, c’est ce qu’on a confirmé. Ça va aussi nous permettre de garder nos concepts télé. » 

« On voulait vraiment le faire pour toute l’industrie du spectacle, qui mange présentement « une volée» [en raison de la pandémie], ajoute-t-il. On voulait tout faire pour essayer de le reporter. » 

En ce qui concerne son volet extérieur, Juste pour rire travaille présentement avec les autres festivals qui devaient se tenir à la Place des Festivals cet été (Francos, Jazz, Montréal Complètement Cirque, Nuits d’Afrique) pour offrir un événement commun en septembre. « On regarde pour bâtir une espèce de gros Live Aid gratuit sur la Place des Festivals, dit Patrick Rozon. On est tous les organisateurs ensemble. On veut « réénergiser » la ville en le faisant sur deux week-ends, en septembre. Évidemment, il faut que la pandémie soit terminée. Mais on prend la gageure. On pense que ce sera vraiment le fun et que les Montréalais auront besoin de ça. On travaille là-dedans avec la ville et les autorités. » 

« On essaie d’être solidaires tout le monde ensemble avec une nouvelle proposition de relance, ajoute-t-il. On se dit qu’on n’aura pas l’été qu’on pensait avoir. Mais si on passe à travers ça,  

les gens vont peut-être vouloir sortir de chez eux à un moment donné. » 

Les Américains y seront-ils? 

Quelques jours après avoir annoncé la mise à pied temporaire de 75% de ses employés, Patrick Rozon espère rapatrier ses troupes dès que la situation le permettra. « On veut le faire le plus vite possible pour se donner de l’espoir. » 

Puisque la crise continue de grandir aux États-Unis, et que le problème pourrait persister sur plusieurs mois, serait-il possible qu’aucun artiste américain ne vienne jouer à Just For Laughs cet automne? 

« On a sécurisé certaines stars américaines pour le mois d’octobre, dit Patrick Rozon. Mais qu’est-ce qui va se passer avec les frontières? On ne le sait pas. Toute l’idée du report est un risque calculé que l’on prend. » 

« C’est sûr qu’on va s’adapter, ajoute-t-il. Si la crise continue, on verra rendu là... Ou bien si le retour est plus lent, on a même calculé des jauges à 50%. On a réfléchi à plein de scénarios. On est dans une période assez folle. On est content de savoir que pour l’instant, autant les Européens que les Américains qui devaient venir cet été, ils sont encore disponibles pour octobre. » 

Dans la foulée, Juste pour rire a aussi annoncé que sa pièce Arlequin, serviteur de deux maîtres, mise en scène par Serge Denoncourt, était reportée. La comédie musicale Kinky Boots, elle, est annulée. 

Deux crises en trois ans 

En 2017, Juste pour rire avait vécu une énorme crise avec le scandale sexuel impliquant Gilbert Rozon, qui avait mené à la vente de l’entreprise quelques mois plus tard. Cela n’avait toutefois pas empêché l’organisation de tenir son festival comme prévu, en juillet 2018. Comment Patrick Rozon compare-t-il cette tempête à la crise actuelle? 

« C’est drôle parce qu’il y a des gens ces jours-ci qui me parlent justement de ces deux crises que j’ai vécues coup sur coup. Je me dis que j’aurai soit un MBA en gestion de crise ou que je vais mourir jeune (rires). La crise actuelle est très différente. C’est très difficile de mettre à pied temporairement 75% de ton équipe et de n’avoir aucun revenu qui entre à part la monétisation digitale. Il y a trois ans, on se battait pour la survie de l’entreprise. Là, on est moins sur la survie. On travaille fort pour bien gérer le bateau. On veut surtout ramener notre monde. Les employés qui ont vécu les deux crises, on s’appelle entre nous « Les résilients »! Ça nous donne le courage de nous dire qu’on va passer au travers. On n’arrêtera jamais. »