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Nicolas Roy: une saison dans ses valises

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Photo d'archives, AFP Nicolas Roy a petit à petit gagné la confiance de la direction des Golden Knights.

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La pandémie de la COVID-19 a redonné une forme de stabilité dans la vie de Nicolas Roy. En quarantaine avec sa copine dans son domicile de Summerlin, en banlieue de Vegas, le jeune attaquant de 23 ans a décrit sa première saison rocambolesque dans l’organisation des Golden Knights.  

Il y a trois chiffres qui résument bien cette première année avec les Knights : 16, 33 et 50. Ça n’a rien à voir avec son nombre de buts, de passes et de points.  

Le 16, c’est pour 16 rappels. Le 33, c’est pour 33 voyages entre Chicago et Vegas. Le 50, c’est une estimation du nombre de nuits où il a dormi à l’hôtel cette année, soit en Illinois ou au Nevada.  

« J’ai été chanceux. Je me suis promené toute l’année entre Chicago et Vegas. Mais environ deux semaines avant l’interruption de la saison, ils [les dirigeants des Golden Knights] m’avaient dit de me trouver un appartement à Vegas, a raconté Roy en entrevue téléphonique avec Le Journal. Je viens d’en louer un. J’aime mieux ça qu’être à l’hôtel. » 

Dormir en avion 

À l’époque précoronavirus, on disait que les voyages forment la jeunesse. Roy n’a pas toujours aimé ce dicton.  

« C’était difficile un peu, a-t-il dit. Je ne peux pas mentir, je trouvais ça parfois pénible. J’ai fait plusieurs voyages en avion. Heureusement, je n’ai pas de problème à dormir dans un avion. C’est déjà un plus. Je gardais quand même le moral. J’avais le sentiment que je jouais pour deux équipes cette année. Ça reste du hockey. »  

« Parfois, c’était difficile pour la fatigue en raison des nombreux déplacements. Le vol entre Vegas et Chicago est d’une durée d’un peu plus de trois heures. Il y a plusieurs vols directs, mais il y a aussi deux heures de décalage. Le changement d’heure représentait la plus grosse adaptation. »  

Plafond à gérer 

Cette année, Roy a porté l’uniforme des Knights à 28 reprises et celui des Wolves 27 fois.  

« Après Noël, j’ai commencé à jouer vraiment plus avec les Golden Knights que les Wolves, a-t-il mentionné. Je gagnais réellement en confiance dans la LNH. Les coachs m’encourageaient aussi. J’ai hâte de rester à Vegas pour de bon, mais je comprends aussi la réalité salariale de l’équipe. Ils ont besoin de gérer la masse salariale. Ç’a été une année mouvementée pour moi. »  

« Les systèmes des deux équipes se rassemblent, c’est sensiblement les mêmes tactiques. Il y a de petits ajustements. Honnêtement, ça se déroulait mieux que je pouvais imaginer. Il y a deux beaux groupes de joueurs à Chicago et à Vegas. Je me suis toujours senti bien accueilli, peu importe où je me retrouvais. » 

Au sein du deuxième trio 

À Vegas, Roy s’est très bien débrouillé avec 10 points (5 buts, 5 passes) en 28 matchs. Dans les derniers jours avant la pause forcée dans la LNH, le grand ailier de 6 pi 4 po et 205 lb se retrouvait au sein du deuxième trio avec William Karlsson et Max Pacioretty. Il a profité des blessures à Mark Stone et Alex Tuch sur le flanc droit pour grimper dans la hiérarchie de l’équipe.  

« J’aimerais toujours en faire plus, mais je reste quand même fier de ma production. Au départ, je jouais très rarement plus de 10 minutes. Je n’étais pas là pour amasser des statistiques, je devais contribuer en générant de l’énergie. À la fin, il y avait des blessés et je jouais un rôle plus offensif. Ça me donne confiance pour le futur. »  

Échangé des Hurricanes aux Golden Knights : après le choc, l’enthousiasme 

Choix de quatrième tour des Hurricanes de la Caroline en 2015, Nicolas Roy s’imaginait à Raleigh cette année. En juin dernier, il a gagné la coupe Calder avec les Checkers de Charlotte en étant un artisan important de cette conquête avec 15 points (6 buts, 9 passes) en 19 rencontres.  

« J’ai énormément appris de cette expérience en séries dans la Ligue américaine, a affirmé le joueur originaire d’Amos. Peu importe le niveau, tu veux apprendre à gagner. Nous l’avons fait avec les Checkers. »  

Le 26 juin 2019, Roy a reçu une nouvelle qu’il n’avait pu prédire. Les Hurricanes l’ont échangé aux Golden Knights contre le centre Erik Haula.  

« J’étais envahi par un sentiment de surprise, a rappelé Roy. Je n’avais pas prévu partir des Hurricanes. Je savais qu’ils m’aimaient comme joueur et je venais de connaître un très bon parcours en séries dans la Ligue américaine. Nous avions gagné la coupe Calder. Je me voyais avec les Canes cette année. La surprise a fait place à l’excitation. Les Golden Knights sont une très jeune organisation, mais ils ont déjà une très bonne réputation. J’avais hâte de me joindre à eux.  

« J’ai rapidement compris que les Golden Knights avaient des plans pour moi, a-t-il enchaîné. Je savais que c’était pour être difficile puisqu’ils ont une très bonne formation. J’avais besoin de faire ma place. J’ai réussi à prouver que je pouvais jouer avec eux. »  

Les conseils de Carrier 

À sa première saison avec les Golden Knights, Roy a partagé de nombreux voyages avec le défenseur Nicolas Hague. L’Ontarien a aussi été trimballé à plusieurs reprises entre Chicago dans la Ligue américaine et Vegas dans la LNH.  

« On se retrouvait pas mal dans le même bateau, a résumé Roy. Si j’ai développé une belle amitié avec Hague, je ne peux passer sous silence la belle solidarité avec les joueurs francophones de l’équipe. [Marc-André] Fleury, [Jonathan] Marchessault et [William] Carrier m’ont pris sous leur aile à Vegas. Je suis très proche de William. J’étais assis près de lui dans le vestiaire. Il a juste deux ans de plus que moi. Il n’y a pas si longtemps, il faisait aussi la navette entre la LNH et la AHL. »