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Deux nouvelles régions isolées: Charlevoix pousse un soupir de soulagement

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Les résidents et les élus de Charlevoix peuvent crier victoire: le gouvernement Legault a donné suite à leur demande de restreindre les entrées et les sorties dans la région, encore prisée dans les dernières semaines malgré les consignes d’isolement en vigueur partout au Québec.   

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Une semaine après que la vice-première ministre Geneviève Guilbault eut annoncé le confinement de huit régions, l’isolement de Charlevoix constituait «la suite logique» de cette mesure visant à restreindre le déplacement interrégional, selon la préfète de Charlevoix-Ouest et mairesse de Saint-Urbain, Claudette Simard.       

L’assujettissement de la région à cette mesure va finalement venir faire échec à l’entêtement de centaines de visiteurs. Et même de certains résidents: encore cette semaine, des annonces de particuliers invitaient les gens à venir vivre la pandémie dans Charlevoix.        

«C’est aberrant, surtout que les consignes sont claires depuis une semaine», regrette Mme Simard.       

Les amateurs de plein air étaient aussi nombreux à profiter des grands espaces charlevoisiens pour pratiquer leurs activités hivernales favorites, au grand dam de nombreux résidents.        

«Il y avait encore beaucoup de va-et-vient, observe le maire de La Malbaie, Michel Couturier. On n’était pas capable de savoir si [les visiteurs] venaient pour les bonnes raisons. Avec barrage routier, toutes les mesures vont être prises pour isoler le secteur et qu’on soit sûr qu’ils viennent pour les bonnes raisons.»       

«On veut vivre ça avec nos gens, chez nous, sans le risque de contagion de l’extérieur. À mon avis, c’est légitime pour toutes les régions. On est des gens accueillants et on vit du tourisme, mais on est obligés de leur dire “restez chez vous”», tranche Claudette Simard.       

«Cette mesure particulière a pour objectif de protéger la population de Charlevoix», indique le directeur régional de la santé publique, Dr François Desbiens, précisant que la région est néanmoins «relativement épargnée» pour l’instant.  

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Milliers de demandes  

Le confinement de la région se discutait depuis plusieurs jours avec Québec, selon plusieurs élus régionaux. Une pétition à l’intention du premier ministre François Legault et un groupe virtuel de résidents, chacun catalysant des milliers de supporteurs, se sont ajoutés aux discussions de coulisses pour demander des contrôles routiers.       

«La santé publique a bien analysé la situation et ils ont pris une décision qui correspond aux attentes de la population», estime le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin.       

La Ville de Rouyn-Noranda, autre secteur qui sera dorénavant contrôlé, avait d’ailleurs formellement demandé aux autorités sanitaires, vendredi, de confiner les environs. L’Abitibi-Témiscamingue comptait 76 cas samedi.       

«La majorité des cas sont à Rouyn-Noranda. On sentait vraiment l’inquiétude et l’anxiété monter autant pour nos citoyens que pour l’ensemble des citoyens de l’Abitibi-Témiscamingue», confie la mairesse de la Municipalité, Diane Dallaire.       

Dur été à l’horizon   

La crise qui secoue la planète pourrait prendre l’allure d’un second malheur en autant d’années pour les commerçants de Charlevoix, dont l’économie repose beaucoup sur l’industrie touristique. Après le G7 à l’été 2019, voilà que les différentes mesures pour freiner la propagation de la COVID-19 menacent de gruger leurs affaires pendant la période estivale.       

«C’est une catastrophe cette pandémie-là, économiquement et touristiquement», pointe le maire de La Malbaie, sans toutefois remettre en cause les politiques musclées mises en place.       

«Il y a des événements qui commencent à être annulés un peu partout. Plus le temps avance, plus ça devient difficile», ajoute le maire de Baie-Saint-Paul.       

«Entre le 15 avril et le 1er mai, il va y avoir des décisions importantes à prendre, enchaîne-t-il, faisant référence notamment au Festif! de Baie-Saint-Paul. C’est clair que c’est un événement important. Au moment où on ferme la région, c’est difficile de s’imaginer 25 000 personnes à Baie-Saint-Paul en juillet.»