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Le bon docteur Barrette?

L'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette
Photo d'archives, Simon Clark L'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

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L’ex-bulldog de la Santé, Gaétan Barrette, s’est transformé en gentil et rassurant vulgarisateur sur Twitter depuis le début de la pandémie. Métamorphose cosmétique ou expression d’un sens inné du devoir?  

Le décompte quotidien des nouveaux cas d’infection à la satanée COVID-19 sème l’inquiétude et donne le vertige. Mais chaque jour, l’ex-ministre libéral explique que les bons choix ont été faits au Québec en décortiquant les nouvelles données. Alors que le moral collectif se retrouve dans les talons, il offre une pédagogie empreinte de positivisme.  

Bien des Québécois aiment le détester. Et il ne l’a pas volé. Son passage à la tête de la Santé a été marqué par une distribution de taloches impulsives à travers des réformes qui ont bousculé le réseau. Il y avait du bon. Du moins bon aussi. Comme la décision de centraliser les laboratoires de biologie médicale, dont on mesure justement l’impact en temps de crise. Mais surtout la manière. Ou le manque de manière.  

Comme à la lutte!  

Or, depuis la coronamania, il a l’air d’un vilain qui aurait changé de camp pour se retrouver dans celui des «bons». Comme si sa trajectoire avait été édictée par un scénariste de la défunte World Wrestling Federation.  

Au téléphone, le libéral soutient qu’on le retrouve dans son état naturel.  

«Ce que je fais maintenant, c’est comme lorsque j’expliquais aux patients un peu nerveux des situations difficiles. Même dans les discussions où je devais dire à des gens qu’ils pouvaient mourir, je leur montrais les possibilités», raconte le Dr Barrette. «Quand on m’attaque, c’est pas la même affaire», s’empresse-t-il d’ajouter.  

Ayant été aux commandes de la Santé lors de la menace de l’Ebola, il a eu un bref aperçu de ce que vivent aujourd’hui François Legault et Danielle McCann.   

«Dans une situation de crise, c’est impossible d’être parfait. Quand il y a eu l’Ebola, finalement, il n’y a rien eu, mais au début, c’était le même genre de contexte : on roulait à seize, dix-huit heures de travail par jour, et Horacio Arruda devait parfois me répondre à 3 h du matin», dit-il.  

«Garder la confiance»  

Dans ce contexte, le Dr Barrette sait qu’il ne doit pas dire au gouvernement quoi faire. Et il n’a pas l’intention de lui nuire.  

«La difficulté du premier ministre, c’est de garder la confiance du public et grâce à cette confiance, le public va le suivre. Alors, essayer de miner ça, si on connaît les conséquences qui sont à la clé, ce serait irresponsable.»  

Avant que ne se termine notre conversation, il prend la peine par contre de fustiger les critiques à l’endroit du gouvernement formulées par la présidente de la Fédération des médecins spécialistes, Diane Francoeur, avec qui il a toujours été à couteaux tirés.  

«Vous pouvez dire que ses sorties, je les trouve ridicules et contre-productives.»  

Ah, chassez le naturel...