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Pharmacie sous prescription

<strong><em>Nouvelle ordonnance Quatre siècle d’histoire de la pharmacie au Québec</em><br>Johanne Collin (avec la collaboration de Denis Béliveau)</strong><br>Éditions Les Presses de l’Université de Montréal
Photo courtoisie Nouvelle ordonnance Quatre siècle d’histoire de la pharmacie au Québec
Johanne Collin (avec la collaboration de Denis Béliveau)

Éditions Les Presses de l’Université de Montréal

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Quelle coïncidence que la parution de cette histoire de la pharmacie au Québec alors que le monde entier est aux prises avec la pire pandémie de son histoire et que dans différents pays on s’affaire activement dans des laboratoires pour découvrir le vaccin qui va permettre de sauver des centaines de milliers de vies. La pharmacie, en général comme celle du coin de rue, aura un rôle capital à jouer dans cette chaîne de solidarité pour sauver des vies humaines.

Pour en arriver aux Jean Coutu et autres Familiprix d’aujourd’hui, il a fallu traverser toutes sortes de périodes depuis les recettes de grands-mères et les décoctions sylvestres de nos frères amérindiens jusqu’aux suivis électroniques d’aujourd’hui, en passant par la création d’une véritable industrie pharmaceutique et de grands laboratoires de recherche.

Il est maintenant loin le temps où le pharmacien préparait lui-même ses décoctions dans un petit coin de son local. Mais il n’est pas très loin le temps où le pharmacien était considéré comme un vulgaire vendeur de pilules. Les plus vieux se rappellent qu’il vendait même des cigarettes.

Aujourd’hui, le pharmacien peut contribuer à certains diagnostics et prendre des décisions concernant la santé d’une personne souffrante. C’est dire que son rôle a changé. C’est de cette évolution, de cette « révolution tranquille » dans l’exercice de la profession, selon l’expression de Yanick Villedieu dans sa préface, que rend compte l’auteure Johanne Collin, sociologue et historienne.

Au Québec, nous vivons sous une double tradition, française et britannique, et la pratique pharmaceutique n’y échappe pas. Mais bien avant, il y eut les Arabes, qui « ont joué un rôle fondamental dans la transmission des connaissances médicales et pharmaceutiques depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen Âge ». Surtout, ils serviront de courroie de transmission du savoir des Romains et des Grecs pour arriver jusqu’en Europe. On leur doit, entre autres, l’utilisation de l’alambic pour la fabrication de différents alcools, de plantes comme la bourrache, l’anis, la cannelle, le camphre, la noix vomique, de pierres précieuses auxquelles ils prêtent toutes sortes de vertus, du nitrate d’argent, de sels d’or et d’argent, de mercure et de la potasse. Saviez-vous que le sirop utilisé en pharmacie vient de l’arabe Scharâb, qui signifie breuvage ?

Pharmacopées modernes

C’est à compter du XVIe siècle, nous dit l’auteure, que paraissent les premières pharmacopées au sens moderne du terme, « c’est-à-dire celles constituant des recueils officiels de médicaments ». En 1638, en France, après 39 ans de labeurs et d’expérimentations de toutes sortes, paraît le premier codex qui regroupe « l’ensemble des matières et des recettes alors utilisées dans la confection des médicaments ». Y figurent quelque 650 plantes, 90 produits animaux et une soixantaine de minéraux. « Des huiles de petits chiens, de lombrics, de lézards, de crapauds, de grenouilles et de scorpions côtoient des poudres obtenues à l’aide de dents et de crânes broyés et toute une panoplie de produits confectionnés à partir d’excréments humains ou d’animaux ». De quoi frémir en cette période de pandémie.

Les relations entre médecins et apothicaires ont toujours été tendues. En raison de leurs longues années d’études, les disciples d’Esculape s’autorisent le droit de surveiller les pharmaciens, leurs locaux et leurs produits. Les médecins ne se privent pas de critiquer certaines pratiques douteuses de leurs collègues apothicaires, qui répliquent de la même façon. Jusqu’à la création, en 1777, du Collège de pharmacie de Paris qui donnera enfin ses lettres de noblesse à la profession.

Au Québec, après la défaite de 1760, les praticiens de la pharmacie devront céder leur place aux apothicaires et autres chemists and druggists d’origine britannique. Mais ils reviendront en force au début du XXe siècle, « riches en cela d’un double héritage, unique sur le continent nord-américain ». On pourrait même dire triple, en tenant compte de l’apport des recettes amérindiennes, principalement à base de végétaux, dans la guérison de certaines maladies.

En temps de pandémie à la COVID-19, voici une lecture qui s’impose. Vous en saurez un peu plus sur l’importance des mesures hygiéniques dans le vivre-ensemble pour éviter tout type d’épidémies. 

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