/news/coronavirus
Navigation

COVID-19: fort besoin d’aide psychologique

Des ressources disent être débordées depuis le début de la crise de la COVID-19

Suicide Action
Photo Ben Pelosse Camille Martin-Emond et Lydia Jones, de l’organisme Suicide Action, sont particulièrement occupées depuis le début de la crise du coronavirus.

Coup d'oeil sur cet article

Fortement sollicitées depuis le début du confinement, des ressources d’aide psychologique reçoivent deux fois plus de demandes qu’à l’habitude, à l’image de ce qu’elles ont vécu lors de crises majeures comme celle du verglas.

C’est le cas notamment de l’organisme Phobies-Zéro, un groupe d’entraide de la Rive-Sud. 

Chez Revivre, une ressource qui vient en aide aux personnes touchées par les troubles anxieux, on constate aussi une hausse d’environ 30 % de la demande. 

D’autres organismes, comme Tel-Écoute et Tel-Aînés, disent connaître également une augmentation du nombre d’appels.

« Les appels sont plus lourds. On écoute des gens qui avaient déjà un problème de santé mentale et qui voient leurs symptômes augmenter à cause de la crise. Mais on voit aussi des gens qui n’avaient pas du tout de problèmes, et qui, pour la première fois de leur vie, manifestent des symptômes d’anxiété », explique le directeur général de Revivre, Jean-Rémy Provost.

« C’est clair que ça se reflète dans les appels [...], que ce soit à propos des impacts du confinement ou pour de l’anxiété », affirme aussi Camille Martin-Emond, intervenante à Suicide Action Montréal.

Le Regroupement des centres de prévention du suicide du Québec, qui représente 29 centres de partout à travers la province, remarque aussi la tendance. 

« Les gens sont sous le choc actuellement et tentent de s’adapter », affirme la présidente Lynda Poirier.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault a rappelé à la population l’importance de prendre soin autant de la santé mentale que de la santé physique dans le contexte actuel.

Vague à venir

Les ressources d’aide croient toutefois que le pire est à venir et que les demandes d’aide augmenteront lorsque la crise atteindra son apogée, ou un peu après, lorsque la poussière sera retombée.

« On s’attend définitivement à une hausse d’appels au cours des prochaines semaines. [...] Il y a beaucoup d’angoisse liée à la durée de la crise, par exemple pour les parents qui sont à la maison avec leurs enfants », souligne Mme Martin-Emond.

« On appréhende surtout ce qui s’en vient. [...] À plus long terme, il va y avoir plus de cas de gens qui vont souffrir de l’isolement, du manque de liens affectifs et sociaux », croit aussi M. Provost.

Ce dernier appelle par ailleurs le gouvernement à préparer dès maintenant « l’après-crise sanitaire », en nommant par exemple un ministre responsable de la santé mentale, une structure qui existe déjà ailleurs, notamment en Colombie-Britannique.


Besoin d’aide ? Contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) pour obtenir une aide immédiate partout au Québec, 24 heures par jour et 7 jours par semaine.