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COVID-19: le soccer régional vit des heures difficiles

Les clubs membres de l’ARSQ doivent faire face à une chute des inscriptions et à un manque de liquidités

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Photo d’archives L’Association Régionale de Soccer de Québec (ARSQ) comptait 24 000 licenciés l’été dernier comparativement à un nombre oscillant entre 8000 et 9000 à l’hiver. Ici un match du Royal Beauport.

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La pandémie de COVID-19 aura des répercussions importantes sur les finances de l’Association régionale de soccer de Québec (ARSQ).

La fin prématurée du sport-études et la chute des inscriptions pour la saison estivale amèneront une sortie de liquidités importante d’une part et une diminution significative des revenus d’autre part.

«Parce que les joueurs ont perdu plus de deux mois, on parle d’une somme très appréciable qui va jouer dans les six chiffres et qui devra être remboursée ou créditée aux parents, confie le directeur général de l’ARSQ Philippe Bernard. Si le gouvernement prolonge la fermeture des écoles au-delà du 4 mai comme on pense, les jeunes vont avoir raté 25 pour cent de leur saison.»

«Quand la nouvelle de la fermeture des écoles pour le mois de mai va être confirmée, on va offrir un crédit aux parents dont le jeune sera de retour l’an prochain, de poursuivre Bernard. Pour ceux qui ont complété leur parcours scolaire ou dont les notes ne sont pas suffisantes pour continuer, on va les rembourser. Nous avons les liquidités nécessaires, mais ces sommes étaient prévues pour autre chose. Le service n’a pas été rendu et on n’a pas le choix de rembourser, mais ça va nous amener des problèmes dans le futur. Il y aura des répercussions plus loin qu’à l’été. Nous serons très, très malléables sur les modalités de paiement au retour du sport-études. De trois versements, on pourrait étirer le paiement sur dix ou 12.»

Le programme sport-études qui regroupe 400 jeunes au sein de six institutions primaires et secondaires devait se terminer le 29 mai afin que les élèves puissent se concentrer à 100 pour cent sur leurs études en juin.

L’ARSQ a décidé de remercier tous ses employés de façon temporaire sauf le directeur général et le directeur technique lorsque les mesures de confinement ont été instaurées.

Saison en péril

Pour le moment, la Fédération de soccer du Québec de concert avec les Associations régionales jongle avec trois scénarios (juin, juillet et août) dans l’éventualité que la saison ne soit pas totalement annulée. 

«On va tout faire pour qu’il y ait une saison peu importe la longueur, a résumé Bernard. On veut à tout prix offrir une saison è nos membres. On doit toutefois attendre que les cas de COVID-19 atteignent leur sommet avant de songer à une date de retour éventuel. On travaille sur un protocole de retour au jeu commun. Si juin et juillet ne sont pas possibles, nous sommes prêts à lancer la saison au début août même si nous sommes conscients que ce n’est pas tous les clubs qui pourraient embarquer dans une mini saison. Certains clubs misent davantage sur le volet participation et ça va être moins évident pour eux.»

Le confinement est tombé tout juste avant le début des camps de sélection. Est-ce que les jeunes répondront présent si on leur offre une mini saison? 

«Il y a deux façons de voir les choses, a indiqué Bernard. Comme père de quatre enfants, j’ai hâte que mes enfants fassent du sport et les jeunes ont hâte de sortir. D’un autre côté, le dollar loisir va être moins disponible. Pour le moment, les inscriptions sont en baisse de 50 pour cent comparativement à la même date l’an dernier.»

Des programmes d’aide fédéraux qui seront les bienvenus 

Tout comme les clubs qui sont considérés comme des organismes sans but lucratif (OSBL), l’Association Régionale de Soccer de Québec (ARSQ) pourra se prévaloir de programmes d’aide fédéraux. 

Deux mesures pourraient les aider à garder la tête hors de l’eau. « On sera éligible à un prêt garanti de 40 000 $ du gouvernement fédéral, a indiqué le directeur général, Philippe Bernard. Il y a aussi le programme qui permet de payer 75 pour cent de la masse salariale, mais tu dois avoir subi des pertes de tes revenus de 30 pour cent comparativement au mois de mars de l’année précédente. Nous aurons besoin de liquidités avant que les sommes soient disponibles. » 

Les clubs se retrouvent aussi dans une position difficile. « Ce sont les revenus de la saison estivale qui font rouler les clubs, résume le directeur technique du Royal Beauport, Samir Ghrib, qui compte environ 2200 licenciés. L’été permet de te renflouer. À Beauport, nous sommes chanceux puisque 47 pour cent de nos inscriptions se font l’hiver. Ce n’est pas le cas de tout le monde, et certains clubs ne font pas de soccer l’hiver. Tous les clubs sont en train de faire leurs devoirs pour soumettre une demande aux programmes fédéraux. Pour le moment, c’est très, très minime, les demandes de remboursement. » 

Manque à gagner 

Tout comme à l’ARSQ, le club de Beauport n’a gardé que le directeur général et le directeur technique, et tous les adjoints techniques ont été remerciés. Le manque à gagner des clubs signifie par la même occasion un manque pour l’ARSQ, qui reçoit un pourcentage des inscriptions. 

« Tous les clubs seront en mesure de passer au travers, estime Bernard, mais certains auront plus de mal que d’autres. Dans certains clubs qui sont sous la supervision des municipalités, les employés des loisirs ont été mis à pied. Il y a aussi l’annulation des tournois qui représentera un manque à gagner important pour les clubs. Pour l’instant, les tournois de Lac-Beauport et de Beauport ont été annulés. Prévus en juillet, le Festival de Sainte-Foy et le tournoi de Charlesbourg, qui est l’un des plus gros au Québec, n’ont pas encore pris de décisions. Il pourrait aussi y avoir de nouvelles normes concernant les rassemblements. »