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COVID-19: une pétition pour ne pas accoucher seule

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Une pétition lancée samedi réclame le maintien du droit des femmes enceintes d’avoir une personne de soutien à leur côté au moment de l’accouchement et à l’unité des soins post-partum.  

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La pétition a été lancée après que l’Hôpital général juif de Montréal eut annoncé, vendredi, qu’il n’autorisait pas la présence d’un partenaire ou d’une personne désignée au moment de l’accouchement et pendant la période post-partum. Ainsi, la personne désignée sera autorisée à accompagner la femme enceinte jusqu'à la zone de triage, mais devra ensuite quitter l'hôpital. 

Cette décision, qui vise à protéger le personnel de la santé, est dénoncée par les femmes enceintes qui craignent que cette mesure ne s’étende au sein du réseau de la santé. 

«Au Québec, les mères enceintes font face à des moments sans précédent dans leur vie en préparant l'accouchement de leur enfant en plein milieu d'une pandémie. Être enceinte pendant la pandémie de COVID-19 a causé à beaucoup d'entre nous beaucoup de stress, tant l'incertitude est grande», expliquent les auteurs de la pétition. 

«Nous comprenons que les infirmières feront tout ce qu'elles peuvent pour nous mettre à l'aise et répondre à nos besoins du mieux qu'elles peuvent, mais que se passe-t-il lorsque nous avons toutes les quatre ou plus besoin d'aide en post-partum et qu'il n'y a pas d'infirmière disponible? [...] Qu'en est-il des mères qui vont subir une césarienne et qui ne peuvent pas se déplacer pour changer leur nouveau bébé et qui sont maintenant seules? Elles peuvent rester à l'hôpital pendant au moins trois jours sans leur personne de soutien et doivent s'en remettre à un système qui est déjà mis à rude épreuve», peut-on également lire. 

Une perspective effrayante 

Une jeune femme de la région de Québec, Bianca Fournier, doit accoucher en juillet à l’Hôpital Saint-François d'Assise. L’idée de devoir le faire sans proche à ses côtés lui fait très peur. 

«Honnêtement, je ne sais pas comment je vais faire si mon chum ne peut pas être présent, j'aime mieux ne pas l'imaginer», a-t-elle avoué, en entrevue avec TVA Nouvelles. 

«C'est lui qui m'aide à gérer mon stress parce que je suis quand même anxieuse au départ, a-t-elle ajouté. C'est sûr que si je me retrouve pas de conjoint, avec juste des inconnues, aussi bien intentionnées soient-elles... non, je ne me vois pas accoucher sans mon conjoint.» 

Les sages-femmes gagnent en popularité 

Comme plusieurs autres, Mme Fournier a fait une demande pour accoucher en maison de naissance. 

Il appert que celles-ci ont vu une hausse des demandes en ce sens depuis quelques semaines. 

«Il y a vraiment une augmentation des demandes de femmes qui, au préalable, n'étaient pas inscrites au service de sages-femmes», a confirmé Mounia Amine, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec. 

«Depuis la crise, elles appellent pour demander d'être suivies chez nous, pour pouvoir accoucher en dehors de l'hôpital», a-t-elle ajouté. 

Et pour Mme Amine, il ne fait pas de doute qu’une femme doit pouvoir être entourée d’au moins un proche lorsque vient le temps d’accoucher. 

«Ce n'est pas une mesure futile en fait, ça a été prouvé, quantifié, documenté, que ça a un impact sur l'issue de l'accouchement et de la santé de la mère et du bébé», a-t-elle observé. 

Le Regroupement a d’ailleurs vite réagi en envoyant une lettre au gouvernement «pour les interpeller sur la grande préoccupation pour cette mesure-là et en demander la levée», a indiqué M. Amine. 

La bonne nouvelle pour ces femmes, dans l’immédiat, est que si le ministère de la Santé accepte la décision de l’Hôpital général juif, il n'a pas l'intention de l'appliquer aux autres hôpitaux. 

En attendant, la pétition continue d’accumuler les milliers de signatures. 

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