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Rudy Giuliani de retour... Comme conseiller médical?

Rudy Giuliani de retour... Comme conseiller médical?

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Si les conférences de presse des gouvernements Legault et Trudeau ne vous suffisent pas, vous étiez peut-être à l’écoute de celle de l’Administration Trump. Si tel est le cas, vous aurez probablement relevé que Donald Trump est intervenu pour empêcher Anthony Fauci de répondre à une question au sujet de la chloroquine. 

Plutôt que de laisser la parole à cette sommité, Trump a préféré répondre lui-même à la question, soulignant que Fauci avait déjà répondu à la question auparavant. Tout comme vous, j’imagine, je ne peux que souhaiter qu’un médicament existant, ou un cocktail de médicaments déjà connus puisse nous aider à lutter contre la COVID-19 et contribuer à réduire le nombre de morts ou de complications graves. 

Par contre, je n’ai aucune expertise médicale. Je lis beaucoup, je consulte des gens dont les compétences sont reconnues et je place ma confiance entre les mains des chercheurs et des médecins dont l’expertise est reconnue. Ça me rassure entièrement? Non. Mais je préfère encore cette option à celle d’apprentis sorciers ou, pire, à celle de politiciens qui tentent d’atténuer la sévérité de la crise ou d’entretenir de faux espoirs. 

L’anecdote d’hier concernant Trump et Fauci s’ajoute à un portrait qui n’offre rien de bien rassurant. Nous savons maintenant que le président suggère aux gens la chloroquine malgré les réserves de la communauté scientifique, qu’il accorde la coordination des efforts de la Maison-Blanche à son gendre et nous apprenons maintenant que le sulfureux Rudy Giuliani est de retour pour le conseiller. 

Giuliani, qui a l’oreille du président, ne revient pas pour partager son expérience de gestionnaire de crise, non, il revient pour offrir ses conseils scientifiques et encourager la distribution de médicaments que la communauté scientifique étudie sans parvenir à une conclusion rassurante sur leur potentiel. Si des études offrent des résultats partiellement positifs, d’autres pointent vers l’absence ou encore la présence d’effets secondaires dangereux. 

L’ancien maire de New York, tout comme de très nombreux partisans du président, est de ceux qui ne s’inquiétaient pas de la propagation de la COVID-19 et il en atténuait régulièrement la sévérité. Maintenant que ce fléau s’est abattu sur son pays, il revient à la charge pour faire la promotion de produits qui n’ont pas encore fait leurs preuves. Je me répète, mais je nous souhaite qu’on trouve une façon de soigner et de prévenir le pire. Tout comme vous, mes proches et moi sommes exposés. 

Je ne peux cependant que déplorer les pressions qu’on exerce sur les chercheurs ou les agences chargées d’approuver les médicaments et les traitements. Les Trump, Kushner et Giuliani ne font que compliquer le travail des experts et exacerber l’impatience d’une population anxieuse. 

Des experts comme le professeur Joel Farley du Collège de pharmacie de l’Université du Minnesota n’hésitent pas à dénoncer les pressions politiques. Celui-ci craint qu’elles n’entraînent de dangereuses distractions. Plus près de nous, David Juurlink de l'Université de Toronto soutient de son côté que Giuliani est le type de personnages dont on doit éviter les conseils et que certains d'entre eux sont carrément dangereux. 

Nos voisins sont inquiets face à la COVID-19, vous l’êtes peut-être et je le suis. Malgré mes inquiétudes, je préfère pour l’instant respecter scrupuleusement les conseils des experts en santé publique et faire preuve de patience à l’égard de nos chercheurs plutôt que de me tourner vers des apprentis sorciers. Il n'est pas impossible qu'un mélange de chloroquine et d'antibiotique constitue une avenue intéressante pour nous venir en aide, mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas d'attendre la confirmation du Dr Arruda plutôt que celle de Giuliani.