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COVID-19: les temps sont durs pour les alcooliques

Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale de la Maison Jean Lapointe
Photo courtoisie Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale de la Maison Jean Lapointe

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Angoisse, ennui et rencontres des «AA» annulées: les temps sont durs pour les alcooliques abstinents et des organismes qui leur viennent en aide craignent des rechutes.

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La directrice générale de la Maison Jean Lapointe s’inquiète pour ceux qui quittent son établissement ces jours-ci et se retrouveront confinés à la maison. L’ennui et le stress sont des facteurs à éviter pour éviter de rechuter. «Avant, on leur aurait dit d’aller faire des meetings [avec les Alcooliques anonymes], d’aller au gym, d’aller prendre un café avec un ami. Mais là, les gyms sont fermés, les salles de meeting sont fermées...», constate Anne Elizabeth Lapointe.

La situation est aussi difficile pour des personnes abstinentes depuis plusieurs années. «Les gens ont beaucoup de difficulté à demeurer sobres dans cette crise, ajoute Mme Lapointe. Des personnes qui avaient accumulé beaucoup de temps d’abstinence tournent en rond à la maison et, malheureusement, finissent par rechuter. C’est important de leur dire d’appeler la ligne Drogue: aide et référence, les AA ou la Maison Jean Lapointe si ce sont d’anciens clients.»

Peu d’admissions dans les centres

Pour ajouter aux difficultés, les centres de traitement des dépendances ont dû resserrer leurs critères d’admission pour éviter que la COVID-19 s’invite dans les retraites fermées. Par exemple, le Centre CASA, à Saint-Augustin-de-Desmaures en banlieue de Québec, accueille entre 20 et 24 personnes ces jours-ci, contrairement à un maximum de 39 en temps normal.

Le centre contrôle aussi les candidats avant de les accepter. «On leur demande d’où ils viennent, dans quelles régions ils ont été, on regarde dans quel état ils sont», explique le coordonnateur des services professionnels au Centre CASA, Maxime Verreault. De plus, la température des employés et clients est testée quotidiennement pour détecter de potentiels porteurs du virus.

Solitude

Lui-même abstinent, un porte-parole des Alcooliques Anonymes pour le sud-ouest du Québec reconnaît que les temps sont durs. « François Legault le disait, c’est normal d’être stressés ces temps-ci. Pour les alcooliques qui ont l’habitude de se rencontrer deux-trois fois par semaine, se retrouver seuls en confinement, c’est difficile », confie Lucien, qui a demandé à ne pas être identifié par son nom de famille.

Malgré l’obligation de mettre fin temporairement aux rencontres, les AA se sont tournés rapidement vers la vidéoconférence et les réunions téléphoniques. Quelque 110 rencontres virtuelles du genre ont lieu chaque semaine, raconte Lucien.

«Il y a des gens qui nous remercient d’être encore là, parce qu’ils commençaient à avoir des idées noires, confie-t-il. Hier matin, un monsieur de 82 ans qui vient régulièrement aux meetings, et qui là se retrouvait seul chez eux, était tellement content qu’il en pleurait.»

Si vous avez besoin d’aide: aa-quebec.org ou drogue-aidereference.qc.ca.

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