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160 millions de litres de lait jetés au Canada: il faut rendre le gaspillage illégal, croit un expert

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Choqué par l’importante quantité de lait québécois jetée aux égouts depuis le début de la pandémie, un expert croit qu’il faudrait rendre le gaspillage laitier illégal afin de forcer l’industrie à mieux gérer ses surplus.  

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«Ça m’a déçu, parce que c’était prévisible. Jeter du lait, c’est une pratique qui arrive pratiquement chaque année. La différence avec cette année, c’est le volume», a partagé d’emblée Sylvain Charlebois, professeur à la faculté de management et d’agriculture de l’Université Dalhousie à Halifax, à QUB radio, mercredi.   

Selon lui, avec la pandémie de coronavirus qui frappe le Canada, 160 millions de litres de lait pourraient être jetés «d’ici les trois à quatre semaines prochaines» à travers le pays.      

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Sylvain Charlebois à QUB radio:

Cela représenterait une valeur d’environ 250 M$ en nourriture inutilement gaspillée.   

Pour prévenir ce genre de situation, Sylvain Charlebois a indiqué au micro d’Antoine Robitaille qu’il fallait revoir les mécaniques de la gestion de l’offre afin de pousser l’industrie laitière à investir dans la transformation du lait, par exemple en poudre, pour permettre l’entreposage à long terme.   

«La technologie existe déjà et, à ce moment-là, le gaspillage serait extrêmement limité», a-t-il précisé.   

Ce faisant, il a soutenu que «la loi qui influence le mandat de la Commission canadienne du lait» devrait être modifiée pour y inclure une telle orientation.   

«C’est tout ce qu’on a à faire. C’est qu’on révise, on change la loi et, tout d’un coup, l’entreposage et la gestion des surplus deviennent le problème des producteurs, puisqu’on a rendu le gaspillage du lait illégal à la ferme», a vulgarisé l’expert.   

En ce sens, Sylvain Charlebois a dit avoir participé à l’élaboration de la feuille de route d’une «gestion de l’offre 2.0», qui devrait être présentée aux autorités cet automne.