/news/coronavirus
Navigation

Chantiers de construction: «Plus on prend de retard, plus ce sera compliqué»

Coup d'oeil sur cet article

La reprise des chantiers de construction est très attendue par de nombreux Québécois.  

Mais même si le gouvernement Legault affirmait, mercredi, en point de presse, qu’il croie que la construction résidentielle pourrait reprendre dans les prochains jours ou les prochaines semaines, plusieurs défis attendent les entreprises de construction.    

• À lire aussi: Chute des mises en chantier au Québec en mars

• À lire aussi: Plus de 10 000 logements ne seront pas livrés à temps

«C’est important parce que des gens n’auront pas de toit au 1er juillet», affirme Paul Cardinal, directeur des services économiques à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).    

Selon ce dernier, près de 10 700 unités d’habitation devaient être livrées au cours des mois d’avril, mai et juin à l’échelle du Québec.    

Or, l’arrêt des chantiers en raison de la COVID-19 cause plusieurs maux de tête à des familles qui avaient résilié leur bail ou vendu leur maison puisqu’ils croyaient pouvoir déménager dans leur nouvelle construction au printemps.    

«Déjà que les taux d’inoccupation sont très bas et que, même sans crise sanitaire, ce serait compliqué au 1er juillet, et bien là, ce sera encore plus compliqué», croit M. Cardinal.    

De l’aide du gouvernement   

Le directeur des services économiques de l’APCHQ mentionne qu’une proposition au gouvernement est en route pour aider les familles qui se retrouveront sans toit en raison de l’arrêt des chantiers à se loger temporairement.    

«On essaie de voir s’il n’y aurait pas moyen de loger ces gens-là, par exemple, dans des hôtels qui seraient prêts à accueillir un certain nombre de personnes qui sont en transition comme ça», explique-t-il.    

Des problèmes d’approvisionnement

L’APCHQ craint également que la reprise des chantiers soit ralentie par des problèmes d’approvisionnement en matériaux de construction.    

«C’est quelque chose qui nous préoccupe également parce que, bien sûr, la plupart des manufacturiers de matériaux de construction, et il y en a beaucoup qui viennent du Québec, ont arrêté leur production. Et les stocks qu’ils avaient ont été achetés par des entreprises à des endroits où les chantiers n’étaient pas nécessairement fermés, dont les États-Unis», admet M. Cardinal.      

Afin de s’assurer que les entrepreneurs aient tous les matériaux à leur disposition pour accomplir leur travail, les fournisseurs doivent reprendre la production le plus rapidement possible, prévient le porte-parole de l’APCHQ. «Bien sûr, pour qu’on ait tous les matériaux disponibles, nos fournisseurs doivent redémarrer la production en amont», dit-il.     

Le manque de matériaux de construction pourrait ralentir davantage la livraison des unités. «Il suffit qu’il manque un fournisseur important pour que ça retarde beaucoup un chantier», met en garde M. Cardinal.      

Lueur d’espoir pour les travailleurs du milieu : les vacances de la construction ne devraient pas changer de date, assure le représentant de l’APCHQ.