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COVID-19: Des agriculteurs veulent avoir le droit de vendre à la ferme

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Afin d’offrir davantage d’aliments locaux, l’Union paysanne réclame le droit de produire pour la mise en marché directe aux particuliers. L’organisation demande aussi à ce que les limites de production hors quota soient de nouveau bonifiées.   

«Il est inconcevable que le Québec doive importer des quantités massives d’aliments, mais interdise à ses propres habitants de produire ces mêmes aliments», déplore Maxime Laplante, président de l’Union paysanne.   

Il affirme que la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec refuse de reconnaître un article de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles du Québec qui stipule qu’un «plan conjoint ne s’applique pas aux ventes faites par un producteur directement à un consommateur».   

«On nous interdit actuellement de faire de la mise en marché directe aux particuliers à moins d’avoir un important quota. C’est devenu aberrant, car le Canada et le Québec importent ces denrées de l’étranger», affirme M. Laplante, précisant qu’il ne demande pas ici l’abolition des quotas.    

Il donne comme exemple que les producteurs de lait doivent acheter pour 240 000 $ de quota avant de pouvoir vendre ou donner un litre. Il ajoute que les fédérations de l’Union des producteurs agricoles interdisent de détenir plus de 100 poules, à moins de payer un quota de 245 $ par poule.   

«Les agriculteurs du Québec sont prêts à produire. Encore faut-il qu’ils en aient le droit de le faire», dit M. Laplante, dont l’organisation compte près de 1000 membres.   

Hausse hors quota  

Pour l’heure, certaines industries agricoles ne sont pas chapeautées par des systèmes de quotas, comme les fraises ou les framboises. C’est pour cette raison qu’il est possible d’acheter ces produits directement à la ferme.   

Quant à une nouvelle augmentation de la production hors quota, notamment pour les poules, les dindons et les poulets, M. Laplante précise qu’il s’agirait de petites quantités. L’an dernier, la Régie avait autorisé une première hausse.    

«En Colombie-Britannique, les producteurs ont le droit de produire 2000 poulets par année sans avoir de quota. Ils peuvent vendre par la suite ce poulet comme ils le souhaitent», poursuit-il.

La semaine dernière, devant le risque de pénurie alimentaire sur le marché mondial en raison de la COVID-19, le premier ministre François Legault a indiqué qu’il souhaitait solidifier la chaîne d’alimentation du Québec.  

Solution

L’Union des producteurs agricoles a aussi souligné que le gouvernement doit faire de la sécurité alimentaire sa priorité.  

Le président, Marcel Groleau, répond que la question des quotas est un enjeu minime dans l’importance de la sécurité alimentaire. Il concède toutefois que cela pourrait aider pour l’approvisionnement local.

«C’est une solution à l’approvisionnement local, mais ce n’est pas une solution à l’enjeu de la sécurité alimentaire», conclut-il.