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COVID-19: Les élèves en difficulté devraient être de retour en classe les premiers

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Au-delà du 1er mai, Québec devrait songer à faire d’abord revenir en classe les élèves qui ont le plus de difficulté, affirme une experte, puisque les mesures de distanciation sociale demeureront en place encore longtemps.  

Le premier ministre François Legault a affirmé mercredi qu'il faudra se tenir à deux mètres d'autrui pendant encore «plusieurs mois», sans préciser à quel scénario il faudra s’attendre pour les écoles et les garderies.  

Dans ce contexte, il faut envisager un retour à l’école partiel et s’en remettre au jugement professionnel des enseignants afin de déterminer quels élèves doivent revenir sur les bancs d’école en premier, affirme Thérèse Laferrière, professeur à l’Université Laval et chercheure principale du réseau PÉRISCOPE.  

«Ce sont aux enseignants de déterminer qui doit revenir à l’école en premier, en donnant la priorité aux élèves en difficulté afin qu’ils soient les premiers à bénéficier de l’aide dont ils ont besoin», a-t-elle affirmé au Journal.  

Il pourrait être réaliste de penser enseigner à quelques élèves dans un même local d’ici la fin de l’année scolaire tout en respectant les mesures de distanciation sociale, estime Mme Laferrière.  

«Ça pourrait faire toute la différence pour leur permettre de passer d’un échec à une réussite», affirme-t-elle.  

Les enseignants pourraient s’appuyer sur ce retour en classe afin de porter un jugement final sur la réussite ou non de l’année scolaire en cours.  

Ce scénario est aussi envisagé par la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), qui compte proposer dès la semaine prochaine certaines mesures, dont celle-ci, afin de permettre la reprise d’activités «à petite échelle» dans le réseau scolaire après le 1er mai, indique son président, Nicolas Prévost.  

De manière plus générale, Mme Laferrière estime par ailleurs qu'il faut «penser à des modèles hybrides» de formation, comprenant du temps d’enseignement à l’école et à la maison pour les deux prochaines années.  

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on s’est contenté d’indiquer en fin de journée que les «modalités précises de reprise des cours» au-delà du 1er mai feront l’objet de discussion avec les partenaires du réseau, ce qui permettra par la suite de prendre une «décision éclairée».  

Évaluation  

Par ailleurs, le ministère de l’Éducation consulte présentement différents experts sur les modalités à mettre en place concernant l’évaluation des élèves d’ici la fin de l’année scolaire.  

Le ministre Roberge a déjà indiqué à la fin mars que «le passage des élèves au niveau suivant sera basé sur le jugement professionnel de l’enseignant de l’élève en fonction des deux premiers bulletins».  

Or «le pire des scénarios» serait de calculer la moyenne des notes des deux derniers bulletins pour en arriver à une note finale, affirme Mélanie Tremblay, professeure à l’Université du Québec à Rimouski, qui a participé à la consultation du ministère sur l’évaluation.  

Dans un texte à lire ici, Mme Tremblay propose plutôt d’évaluer les élèves selon une cote (A, B, C, D ou E) plutôt qu’une note chiffrée.  

Une formule d’enseignement à distance devrait aussi être mise en place pour les élèves en difficulté, afin que leurs enseignants puissent les évaluer en fonction du cheminement réalisé dans le cadre de cet accompagnement individualisé.  

Les experts sont toutefois partagés sur la délicate question de l’évaluation.  

Marie-Hélène Hébert, professeure à la TÉLUQ, propose plutôt d’accorder la mention «réussite» ou «échec», sur la base des résultats obtenus lors des deux derniers bulletins, qui compte pour 40% de la note finale.  

Afin de ne pas pénaliser ceux qui sont en difficulté, Mme Hébert propose même une «solution exceptionnelle»: accorder la mention «réussite» à tous ceux qui ont obtenu jusqu’à maintenant une moyenne de 50%, ce qui devrait « leur permettre de mettre les bouchées doubles l’an prochain».