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Plusieurs agences de sécurité en profitent pour hausser leurs tarifs

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L’explosion de la demande de services de sécurité depuis le début de la crise sanitaire aurait entraîné une hausse marquée des tarifs des agences de sécurité.  

Depuis le début de la crise, ces agences auraient augmenté leurs tarifs de 5 % à 15 % en moyenne. Ces hausses ne sont pas systématiques. Certaines firmes ont appliqué des augmentations moindres. Mais, il arrive aussi que les majorations soient plus salées, parfois jusqu’au double du tarif d’avant la COVID-19.  

«Ça bouge pas mal de ce côté-là, confirme le patron de l’une des quelque 120 entreprises de services de sécurité que compte la province. Je reçois quatre à cinq appels tous les jours de clients frappés par ces hausses que leur impose leur agence. Ils sont mal pris; ça n’a pas de sens d’ambitionner comme ça en temps de crise.» 

Explosion de la demande

Ce serait le cas notamment du géant de la sécurité Garda World. Selon l’offre de service reçue d’un client, et qu’a pu consulter le Journal, le taux horaire des services de gardiennage de la multinationale pour ce client s’établirait dorénavant à 59,95$, taxes en sus.  

Selon une source, c’est à peu près le double du tarif horaire (25$ et 30$) que chargeait l’industrie jusqu’à récemment pour les services d’un agent. Pour un mandat plus exigeant, tel le gardiennage d’une aile psychiatrique, le tarif avoisine les 32$. 

Garda a décliné notre demande d’entretien. Dans une déclaration écrite, elle dit être « un partenaire important pour plusieurs institutions » et respecter ses ententes contractuelles. « Pour les nouveaux clients, nous devons adapter nos conditions aux nouvelles réalités du marché, telles que les défis de recrutement, de quarantaine et de formation à distance ».  

Silence de l’industrie

De fait, déjà aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, la crise occasionne des dépenses nouvelles aux agences (heures supplémentaires, achats d’uniformes et de permis, etc.), vite refilées aux clients.  

« Toutes les entreprises le font et Garda n’est pas unique dans ce cas, reconnaît le dirigeant d’une autre agence de sécurité. Toutes ces dépenses peuvent justifier une hausse de 5 à 10 %. Nous le faisons aussi. Mais de là à doubler la facture, c’est une autre histoire. »  

L’Association provinciale des agences de sécurité a refusé de commenter la situation. Même silence de la direction du Bureau de la sécurité privée, soutenant ne pas avoir le pouvoir d’examiner des pratiques commerciales de l’industrie qu’elle surveille.