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COVID-19 : voici comment le déconfinement s’opère en Chine

COVID-19 : voici comment le déconfinement s’opère en Chine
Photo AFP

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S’il est difficile de s’imaginer un retour à la normale et de déconfinement dans un futur rapproché au Québec, le processus est entamé en Chine depuis quelques jours.   

Charles Pellegrin, correspondant à Pékin pour France 24, est aux premières loges.   

Le journaliste indique qu’il ne s’agit pas vraiment, pour l’instant, «d’un retour à la normale».  

«C’est une levée des restrictions un peu progressive avec l’autorisation aux habitants de Wuhan de quitter la ville pour la première fois en 76 jours. En réalité, il y a encore 70 petits quartiers qui sont encore fermés parce qu’y’a encore des cas», a-t-il expliqué à l’animateur Jonathan Trudeau, à QUB radio.   

  

Les résidents peuvent sortir tant qu’ils ont un «code QR (quick response)» prouvant que leurs antécédents médicaux sont conformes aux restrictions.   

«Il y a une espèce de traçage qui se fait grâce aux données cellulaires», a-t-il précisé.   

Il ajoute également que les allées et venues vers Pékin sont très contrôlées.   

Même à l’intérieur de la ville, les déplacements semblent très surveillés.    

«Dès que je rentre dans un établissement, un café ou un restaurant, même parfois un parc ou, peu importe, je dois faire scanner mon code et leur montrer que je suis bien en règle pour le moindre déplacement et c’est quasiment la seule chose qui fait loi», a-t-il témoigné.   

Pellegrin ajoute qu’il y a «quand même des inquiétudes» concernant les droits et libertés des individus dans la population. Il a aussi fait part du climat d’autocensure qui règne dans le pays et de la difficulté pour les médias étrangers d’avoir des sources chinoises.     

«Quand on est Chinois, il n’y a aucun intérêt à parler à un journaliste étranger. Il n’y a jamais rien de bien qui va en sortir. Il faut vraiment être désespéré. C’est assez compliqué, même sur des sujets qui ne sont pas forcément sensibles», a-t-il indiqué.   

Quant à la reprise de l’économie, le journaliste raconte qu’il s’agira d’un défi considérable.    

«L’économie reprend petit à petit, mais ça va être une reprise assez compliquée. C’est difficile de redémarrer une économie qui s’est mise complètement à l’arrêt pendant près de deux mois. C’est difficile de redémarrer l’économie quand il faut continuer le combat et la prévention contre la COVID-19. C’est un peu deux objectifs qui sont contradictoires.»  

L’expérience suédoise   

Avec très peu de mesures restrictives pour affronter la COVID-19, le cas de la Suède pique la curiosité de plusieurs depuis le début de la crise.  

Juliette Robert, citoyenne française demeurant en Suède, était également en entrevue avec Jonathan Trudeau, à QUB radio, pour en parler.   

«Il y a quelques interdictions. Par exemple, il ne peut pas y avoir de rassemblements ou d’événements de plus de 50 personnes. Les universités ont également été fermées. Il y a également interdiction pour aller dans les maisons de retraite pour aller voir ses grands-parents ou les personnes âgées», a-t-elle déclaré.   

Mme Robert affirme que certains appliquent très sérieusement les recommandations du gouvernement alors que d’autres vivent leur vie comme si de rien n’était.   

Elle ajoute qu’en Suède, l’attitude du gouvernement a bien entendu été critiquée. Une lettre a, entre autres, été signée par plusieurs milliers de scientifiques en ce sens.   

Pour sa part, elle est ambivalente.   

«Il y a des jours où je suis très optimiste et je me dis que ce sont des génies et des jours où je me dis qu’ils ont complètement faux. Je ne sais pas trop quoi en penser de manière définitive», a-t-elle raconté.