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COVID-19: des motocyclistes retardent leur début de saison

Les contraintes des déplacements entre les régions démotivent plusieurs passionnés

Des motocyclistes retarderont l'immatriculation de leur moto, en raison de la COVID-19
Photo Daniel Mallard Des motocyclistes retarderont l'immatriculation de leur moto, en raison de la COVID-19

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La saison de moto est retardée, et sera peut-être annulée pour certains motocyclistes, tandis que la pandémie et les mesures prises pour limiter la propagation de la COVID-19 limitent énormément le terrain de jeu des passionnés. 

Dans une correspondance envoyée à la Fédération motocycliste du Québec (FMQ), le conseiller politique du ministre des Transports, Alain Généreux, est clair; les demandes du gouvernement pour limiter la propagation s’appliquent à tout le monde. 

«On ne souhaite aucun déplacement en auto, en moto ou autre que ceux nécessaires», était-il indiqué dans le message, sans toutefois mentionner aucune interdiction de circuler à moto. 

Les motocyclistes doivent donc éviter les gros rassemblements, de se déplacer entre les quartiers et les régions et doivent respecter la règle du deux mètres, lorsqu’ils descendent de leur engin. 

Les possibilités de déplacement sont donc diminuées de façon très importante. Pour l’heure, mieux vaut oublier les voyages «longues distances» et les rassemblements hebdomadaires. 

«On peut rouler pour des déplacements qui sont jugés essentiels au même titre que les véhicules, mais ce n’est pas faire de la moto comme une vraie balade», lance Jean-Pierre Fréchette directeur général de la FMQ. 

Sur divers forums, des passionnés de moto s’interrogent sur l’intérêt de payer le gros prix pour le renouvellement des immatriculations, tandis qu’ils doivent se décider avant le 30 avril. 

«Je me pose les mêmes questions, à savoir si ça vaut la peine de plaquer ma moto, ou si je la remise jusqu’en juin, en attendant la suite», poursuit M. Fréchette. 

La porte-parole de la Sûreté du Québec, Ann Mathieu, indique qu’il n’est pas interdit de circuler en moto. Si un motocycliste est interpellé alors qu’il circule pour le plaisir, il sera sensibilisé aux mesures gouvernementales. Même son de cloche du côté de la police de Québec. 

À Lévis, la circulation en moto n’est également pas interdite. Toutefois, si le motocycliste, dans le cadre de son activité, ne respecte pas le décret de la Santé publique, il s’expose à une contravention de 1000$ minimum, comme tous les autres citoyens, rappelle le porte-parole du SPVL, Jean-Sébastien Lê Van. 

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) rappelle aux motocyclistes qu’ils doivent signifier le remisage de leur moto. Autrement, ils seront en défaut de paiement. 

En Belgique, la pandémie a forcé les autorités à interdire la moto. 

Ce qu’ils ont dit : 

«Ce n'est vraiment pas le temps d'avoir un accident. En plus, les gens sont stressés et moins attentifs sur la route. J’ai remisé ma moto mardi, mais ma décision est prise depuis trois semaines. Je ne voudrais pas être celui qui prive une personne vulnérable de soins, parce qu'un médecin devra s’occuper de moi» - Hugo Ringuet, motocycliste 

«En avril et en mai, à cause la chaussée, il y a un peu plus d’accidents. Il est demandé aux gens de s’abstenir de faire de la moto, pour ne pas engorger les hôpitaux. C’est de la sensibilisation» - David Pelletier, porte-parole du SPVQ 

«Je voulais plaquer en mai, mais on ne peut pas aller dans Bellechasse, ni au Saguenay, ni dans Charlevoix et il y en aura d’autres. Je ne vois pas l’urgence d’immatriculer ma moto tout de suite, ce n’est pas ma priorité» - Daniel Mallard, motocycliste 

«La moto, ça va aller fort probablement en juin, pour moi. Je fais du télétravail et j’ai mon petit garçon à la maison. N’étant pas certaine du retour en classe et ne me déplaçant pas beaucoup, je n’ai pas énormément le temps d’en faire» - Isabelle Carrier, motocycliste