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Une femme contracte le coronavirus après avoir été admise en pleine éclosion à Sainte-Dorothée

Arrivée le 28 mars à Sainte-Dorothée, Louise Bourgeois y a contracté la COVID-19

Jean-Pierre Gariépy avant sa retraite de la police de Laval, av
Photo courtoisie Jean-Pierre Gariépy et son épouse Louise Bourgeois posent ici avant la retraite de l’ancien chef de police de la Ville de Laval.

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L’ancien chef de police de Laval Jean-Pierre Gariépy est en colère. Son épouse a été admise au CHSLD Sainte-Dorothée deux jours après qu’un premier patient fut déclaré atteint de la COVID-19, et elle est aujourd’hui infectée à son tour.  

« Mon épouse est arrivée là le 28 mars de l’hôpital Sacré-Cœur, à la suite d’un anévrisme cérébral qui l’a laissée dans un monde parallèle pour la fin de ses jours, raconte l’ancien inspecteur. Ç’a été direction CHLSD Sainte-Dorothée. »  

L’éclosion dans l’établissement n’était pas encore connue du public. « Ils l’ont envoyée là et m’ont rassuré en me disant qu’elle serait en isolement », dit-il.  

Le 31 mars, les premiers reportages sur les cas à Sainte-Dorothée paraissaient.  

Finalement, la mauvaise nouvelle est tombée dimanche dernier pour Louise Bourgeois, 68 ans. « Ils m’ont dit que mon épouse avait attrapé la COVID-19, dit Jean-Pierre Gariépy. J’étais dans tous mes états. »  

ÉCOUTEZ l'entrevue de l’ancien chef de police de Ville de Laval, Jean-Pierre Gariépy, sur QUB radio:

« Incompétence crasse »  

Aujourd’hui, il est en colère.  

«L’incompétence crasse des administrateurs dans cet établissement, c’est épouvantable! dit-il. Je leur en veux énormément de ne pas avoir su prendre les mesures efficaces.»  

Mardi, le principal syndicat du CHSLD affirmait que la direction avait incité deux employés à venir travailler le 22 mars même s’ils se croyaient porteurs du coronavirus, sans passer des tests de dépistage.  

Après avoir travaillé une semaine de plus dans l’établissement, ils auraient été déclarés positifs.  

À ce moment-là, l’insidieuse maladie s’était déjà répandue à Sainte-Dorothée.  

Jean-Pierre Gariépy dénonce « l’improvisation » dans la gestion des infections.  

« Ils ont pris les résidents qui avaient contracté la COVID-19 aux étages et les ont ramenés le plus bas possible », selon lui.  

Plusieurs personnes infectées sont alors arrivées dans un secteur voisin de celui de son épouse, au premier étage.  

L’ancien chef de police déplore aussi que des employés aient pu se déplacer d’étage en étage.  

Si le CISSS n’avait pas décidé de tester tous les patients à partir du 3 avril, personne ne saurait encore que Louise Bourgeois est porteuse du coronavirus, puisqu’elle n’a toujours pas de symptômes.  

Il veut des réponses  

Jean-Pierre Gariépy exige maintenant des réponses à ses nombreuses questions. « Est-ce qu’ils avaient un plan d’épidémie? Des plans de confinement d’étages, de secteurs? Est-ce qu’ils avaient des masques, des gants appropriés?»  

Sa décision n’est pas prise, mais l’ancien inspecteur songe aujourd’hui à intenter un recours collectif contre le CHSLD, avec d’autres résidents ou leurs proches.  

En attendant, il continue de payer le loyer de sa femme. «Ils m’ont envoyé la facture: 2200$ au total, pour le mois d’avril et quatre jours en mars, dit-il. Ça, ils savent compter!»  

Le CISSS de Laval refuse de commenter le cas de Louise Bourgeois en invoquant la confidentialité des dossiers de patients.  

Selon la porte-parole Judith Goudreau, l’organisme ignore toujours combien de résidents ont été admis au CHSLD après la découverte d’un premier cas le 26 mars. « Nous n’avons pas cette réponse encore. »  

Selon les derniers chiffres publiés, 16 résidents de Sainte-Dorothée sont morts de la COVID-19 et 115 l’ont contractée. Une cinquantaine d’employés ont aussi été infectés, selon le Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval.