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Annulation des festivals: «un désastre» pour les commerçants

L’annulation des festivals fait mal aux commerçants

S’il estime avoir les reins suffisamment solides pour survivre de 7 à 14 mois dans un pareil environnement, Philippe Desrosiers sait que ce ne sont pas tous les commerçants qui ont ce luxe et craint une « hécatombe » chez certains d’entre eux.
Photo Didier Debusschère S’il estime avoir les reins suffisamment solides pour survivre de 7 à 14 mois dans un pareil environnement, Philippe Desrosiers sait que ce ne sont pas tous les commerçants qui ont ce luxe et craint une « hécatombe » chez certains d’entre eux.

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Les commerçants de Québec s’y attendaient, mais l’annulation des festivals et événements culturels jusqu’au 31 août est venue leur confirmer ce qu’ils redoutaient: «l’année 2020 est à l’eau».   

Cette annonce faite vendredi s’ajoute à la pléiade de mesures mises en place par Québec, qui force ainsi l’industrie du tourisme à se résigner devant une saison estivale mort-née.  

«Économiquement, pour la ville de Québec, c’est un désastre», lance Philippe Desrosiers, copropriétaire de la microbrasserie l’INOX, située sur la Grande Allée.  

Frédéric Desrosiers, copropriétaire de la Taverne Grande Allée et du Snack-Bar Saint-Jean, souligne que la période estivale est, pour plusieurs commerçants, le moment de renflouer les coffres en vue de l’hiver, plus aride en matière de recettes commerciales.   

«L’année est à l’eau»  

Cette bouffée d’air, insufflée notamment par le Festival d’été de Québec, sera pratiquement coupée cette année.  

«Le FEQ, c’est vrai que ce sont 10 gros jours dans l’année. Mais il reste 355 jours dans l’année pour être créatifs, braves, innovateurs et performants», invite d’un ton optimiste Frédéric Desrosiers.  

Que ce soit pour les commerçants de détail, les restaurants, les bars ou les établissements hôteliers, «l’année est à l’eau pour tout le monde», résume la directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, Marjolaine de Sa.   

«Il y a des établissements qui sont ouverts de mai à octobre et qui reçoivent pratiquement juste des touristes internationaux. Cette année, il n’y en aura pas de touristes internationaux», expose-t-elle réalistement, s’attendant à ce que le taux d’occupation annuel passe de 70 % à environ 30 % pour 2020.  

L’incertitude s’étend jusqu’à la saison des croisières à l’automne, riche en touristes internationaux et qui revêt une importance «énorme» pour les entrepreneurs du Vieux-Québec, selon la copropriétaire de Chez Boulay, Sophie Marchand.  

S’ajuster  

Pendant ce temps, les commerçants n’ont d’autre choix que de serrer les dents et de s’ajuster au climat d’incertitude qui règne. Plusieurs restaurateurs ont mis en place une formule «à emporter» afin de continuer à opérer minimalement. D’autres commerces, comme les microbrasseries, dont fait partie l’INOX, militent toujours pour que des modifications législatives soient apportées afin de leur permettre de livrer eux-mêmes leurs produits.  

«Ceux qui vont pouvoir s’adapter, ce sont eux qui vont survivre», projette le copropriétaire de L’Atelier et de l’Ophelia, Fabio Monti.