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CHSLD Herron: l’horreur pour les familles

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DORVAL – L'état de la situation du CHSLD Herron de Dorval est une véritable histoire d'horreur pour les familles et les proches des résidents. 

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Certaines personnes ont appris que leurs parents y vivaient dans des conditions d'insalubrité totale. 

C'est le cas d’Hermann Girard, qui a succombé aux complications de la COVID-19 le 5 avril dernier. Il habitait dans ce CHSLD de l'ouest de l'île de Montréal depuis environ un an. 

Le 30 mars, un médecin a appelé les enfants de l'homme de 80 ans pour leur dire qu'il avait les symptômes du coronavirus. Si le diagnostic est tombé le lendemain, son état s'est vite dégradé. 

«On nous disait que la fièvre avait monté, notamment, et qu'il avait de plus en plus de difficulté à respirer», a raconté samedi Frédéric Girard, le fils du défunt, en entrevue avec TVA Nouvelles. 

M. Girard a eu une longue carrière en administration publique au Québec. 

D'abord professeur dans les années 60, il a œuvré dans les hautes sphères de différents ministères et organismes provinciaux. 

C'est en 1966 qu'il s'est marié avec Céline, la femme de sa vie. Le couple a eu trois enfants et huit petits-enfants. 

Dans les jours qui ont précédé son décès, ses proches ont dû prendre une décision difficile. 

«Ils nous ont offert de le transférer à l'hôpital. On en a parlé. On a considéré, à ce moment-là, qu'il pouvait, qu'il serait plus confortable à rester dans sa chambre, à rester au CHSLD. Puis, on nous avait assurés qu'il recevait tous les soins médicaux appropriés», a expliqué Frédéric Girard. 

Hermann Girard payait 4500 $ par mois pour habiter dans ce CHSLD privé. Ses enfants croyaient que ses conditions de fin de vie étaient convenables, jusqu'à ce qu'ils comprennent jusqu'à quel point ça a dégénéré au CHSLD Herron. 

«En fait, les CHSLD semblent être beaucoup l'angle mort. Ils semblent, encore une fois, avoir été oubliés dans cette crise-là», a soutenu Frédéric Girard. 

«Les familles, nous, on ne pouvait pas y aller depuis déjà le 20 mars. On ne pouvait pas y accéder. On avait très, très peu d'informations. On ne pouvait pas aider du tout. Puis, encore aujourd'hui, on ne sait pas quel genre de soins ils ont eu. On entend toutes sortes de choses. J'aimerais pouvoir enquêter. J'ai encore beaucoup, beaucoup de questions, à savoir si mon père a eu les soins appropriés», a-t-il conclu. 

Lors d’une conférence de presse, samedi, la présidente-directrice générale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Lynne McVey, a promis que les familles des résidents du CHSLD Herron, où 31 décès ont eu lieu ces dernières semaines, seront contactées par du personnel de son organisation.