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COVID-19: Retour à l’école: la santé avant tout

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Le retour à l’école n’impliquera aucun compromis sur la santé, a tenu à préciser François Legault samedi, alors que le scénario d’une reprise des classes avant le début mai est dénoncé par des experts.  

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Les cours d’école du Québec, dont celle de l’école Guillaume-Mathieu, à Charlesbourg, ne retrouveront pas leurs élèves tant que la situation ne sera pas sécuritaire pour les enfants, a expliqué le premier ministre François Legault, samedi, lors de son point de presse quotidien.
Photo Didier Debusschère
Les cours d’école du Québec, dont celle de l’école Guillaume-Mathieu, à Charlesbourg, ne retrouveront pas leurs élèves tant que la situation ne sera pas sécuritaire pour les enfants, a expliqué le premier ministre François Legault, samedi, lors de son point de presse quotidien.

«La journée qu'on va rouvrir les écoles, c'est parce que j'aurai été prêt à envoyer mes propres enfants, là. Donc, il n'est pas question de ne faire aucun compromis» affirmé le premier ministre samedi.    

«C'est la santé des Québécois qui va primer pour décider quand on rouvrira les écoles», a-t-il ajouté.    

Vendredi, M. Legault avait créé la surprise en affirmant qu’un retour à l’école avant le 4 mai figurait parmi les scénarios à l’étude. Cette déclaration avait soulevé une vague d’indignation parmi des parents et des enseignants, inquiets pour les risques sur leur propre santé. 

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Photo Didier Debusschère

Le Dr Horacio Arruda a aussi voulu se faire rassurant samedi. Il va «falloir qu’on ait des stratégies qui vont protéger (pas seulement) les 70 ans et plus, mais les personnes qui ont des maladies chroniques et autres», a-t-il affirmé.    

M. Legault a par ailleurs précisé que plusieurs scénarios étaient à l’étude, dont un retour en classe avec un nombre réduit d’élèves, une réouverture d’écoles dans certaines régions seulement ou encore que la reprise des classes se fasse de façon non obligatoire.    

Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

 

La prudence avant tout 

Les déclarations de M. Legault sur un retour possible à l’école avant le début mai ont fait aussi sursauter plusieurs experts, dont la Dr Cécile Tremblay, microbiologiste infectiologue au CHUM.    

«J’étais abasourdie. Je pensais au contraire qu’on allait décider d’y aller prudemment. On a beaucoup de petites sonnettes d’alarme qui nous disent qu’il vaut mieux être plus prudents que moins, si on ne veut pas avoir à tout recommencer», affirme-t-elle.    

L’idée de permettre un retour à l’école afin que les enfants développent une immunité après avoir été exposés au virus est douteuse sur le plan scientifique, explique-t-elle. Une étude parue en Chine il y a quelques jours démontrent que ce sont les personnes âgées, et non les enfants, qui ont développé le plus d’anticorps puisqu’ils ont été plus sévèrement atteint par la COVID-19.    

«On ne peut pas assumer que les enfants pourraient développer une immunité suffisante, affirme Dr Tremblay. Mais ce dont on peut être sûr, c’est que si les jeunes retournent à l’école et qu’ils sont infectés, ils vont en infecter d’autres adultes et on risque de se retrouver dans la même situation que si on avait rien fait.»    

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Benoit Barbeau, virologue et professeur à l’UQAM, estime aussi que le premier ministre a évoqué le scénario d’un retour en classe avant le début mai de façon «un peu trop précipitée». «Il y a encore énormément d’inconnu en ce moment», affirme-t-il.    

Avec ces déclarations samedi, le premier ministre est toutefois «venu calmer une tempête qu’il avait lui-même semée», affirme la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, qui estime toutefois que M. Legault est resté «très vague» dans ses déclarations.»    

De son côté, le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette, rappelle que la décision de rouvrir les écoles doit être hautement réfléchie puisqu’elle touchera près d’un million d’élèves et des centaines de milliers d’enseignants.    

«Si on va trop vite, est-ce qu’on va devoir fermer les écoles trois semaines plus tard à cause d’une deuxième vague?», lance-t-il.