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Le Québec va changer: électrochoc numérique à prévoir dans nos écoles

Les profs vont découvrir le potentiel des outils en ligne, avance un expert

Pierre Poulin, enseignant au primaire
Photo courtoisie L’enseignant Pierre Poulin, de l’école primaire Wilfrid-Bastien à Montréal, organise avec ses élèves de cinquième année des rencontres virtuelles chaque semaine depuis la fermeture des écoles, à la mi-mars. On le voit ici en train de faire les gestes accompagnant une chanson interprétée par ses élèves.

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La crise actuelle pourrait servir d’électrochoc au système d’éducation québécois et accélérer son virage numérique, selon plusieurs observateurs.  

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«Je pense que les enseignants vont découvrir tout le potentiel du numérique grâce à cette crise», affirme Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation.  

C’est le cas d’Annabelle Séguin, orthopédagogue dans une école publique de Laval, qui est ravie d’avoir découvert une multitude de ressources en ligne au cours des dernières semaines.   

«Il y en a beaucoup plus que je croyais. J’espère que ça va ouvrir les enseignants à faire les choses autrement», dit-elle.  

Pour y arriver, le réseau de l’éducation devra toutefois investir massivement dans la formation des enseignants et dans l’acquisition d’équipement, souligne Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.   

«Il va falloir accélérer les choses», lance-t-il.   

Négocier un virage numérique en accéléré pourrait ainsi permettre de rétrécir l’écart entre le réseau public et le réseau privé, qui a fait la manchette depuis la fermeture des écoles, à la mi-mars.  

Cégeps et universités  

Dans les cégeps et les universités, le branle-bas de combat qui s’opère présentement pour tenter de terminer la session à distance «va aussi forcément avoir un effet d’accélérateur», ajoute de son côté Serge Gérin-Lajoie, professeur à la TÉLUQ.  

Mais reste à voir si la qualité sera au rendez-vous.   

Offrir des cours en ligne pour finir une session à distance dans un contexte exceptionnel est une chose, mettre sur pied une formation de qualité à long terme en est une autre, souligne-t-il.  

Les enjeux sont les mêmes dans le réseau scolaire, souligne Pierre Poulin, un prof bien branché de cinquième année qui donne des formations sur l’enseignement en ligne.  

«Il faut changer les pratiques. Si on fait du traditionnel en ligne, il y en a plusieurs qui vont être déçus», lance-t-il.  

Aide aux élèves en difficulté  

Cette situation exceptionnelle devrait par ailleurs être l’occasion de repenser complètement l’aide aux élèves et aux familles en difficulté, affirme de son côté Marc-André Deniger, professeur à l’Université de Montréal.  

Pour intervenir auprès des enfants les plus à risque, qui vivent dans des familles démunies, cet expert propose de repenser l’organisation des services afin de réunir autour d’une même table la «tribu des intervenants» qui œuvrent auprès de ces familles selon un modèle qui existe notamment en Finlande.  

«Ça devrait être une priorité nationale, lance-t-il. Sinon, la crise va vraiment laisser des séquelles.»