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Le Québec va changer: les consultations médicales à distance sont là pour rester

Coronavirus - Covid-19
Photo courtoisie Le médecin omnipraticien Sylvain Dion a vu ses activités diminuer de moitié depuis le début de la pandémie. Il s’est tourné vers le téléphone et la visioconférence afin de réduire les contacts directs avec ses patients.

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La crise du coronavirus va transformer la pratique de la médecine grâce à une hausse permanente de l’offre de consultations à distance, croient plusieurs intervenants du secteur de la santé.  

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Au cours des dernières semaines, plusieurs médecins ont dû se tourner vers le téléphone ou la visioconférence pour réduire leurs contacts directs avec leurs patients.    

Médecin omnipraticien à Lac-Etchemin, Sylvain Dion a vu ses activités baisser de moitié depuis le début de la pandémie. «Les gens restent chez eux», dit le Dr Dion.    

Il estime que 70 % de ses consultations se font à distance. Dans son cas, il privilégie le téléphone même si le ministère a mis des plates-formes de vidéo à la disposition des médecins. «On essaie de minimiser les déplacements des patients», dit le médecin.    

Avant la pandémie, le Dr Dion utilisait peu la téléconsultation, ce qui va changer. «Je vais certainement structurer davantage mon agenda pour avoir des périodes où je vais mettre de la téléconsultation», dit-il.    

Selon lui, c’est particulièrement indiqué pour assurer le suivi de malades chroniques ou pour des consultations qui ne nécessitent pas d’examen physique.    

Coincé sur un navire  

Administrateur du Collège des médecins, le Dr Guy Morissette a quant à lui été forcé de travailler à distance. Coincé sur un navire de croisière qui ne pouvait accoster à sa destination en raison de la pandémie, il s’est servi d’un téléphone et d’internet. «Je savais que j’avais des soins à donner», dit-il.    

Rentré en Outaouais depuis quelques jours, il poursuit sa pratique à distance chez lui, où il est actuellement en quarantaine.    

«La façon dont la médecine va se pratiquer dans un an sera très différente de comment elle se faisait il y a un mois», dit-il.    

Le médecin observe que la pandémie a donné l’impulsion aux consultations à distance. «On s’est peut-être traîné les pieds comme groupe. Mais l’urgence sanitaire et les besoins font bouger les choses», dit-il, en soulignant que l’enjeu principal reste la confidentialité.    

Entente  

Le président de la FMOQ, Louis Godin, affirme qu’une nouvelle entente administrative a été conclue à la mi-mars en raison de la pandémie. Elle permet aux médecins de réclamer des honoraires pour les téléconsultations. «Avant, ce n’était pas prévu par le régime d’assurance maladie», dit-il.    

Aude Motulsky, professeure adjointe à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, constate les progrès récents du Québec dans la téléconsultation. «On a un retard important à rattraper.»    

Selon la chercheuse, il reste encore à préciser les cas où une consultation à distance est la plus appropriée. Elle soutient également que le «bon vieux téléphone» est le meilleur outil dans bien des situations. «Il n’y a pas tant de situations où l’ajout de la vidéo est intéressant», dit-elle.    

TAUX DE MÉDECINS BRANCHÉS À UNE DES PLATES-FORMES DE VIDÉOCONFÉRENCE  

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