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Les privilégiés du télétravail

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On s’attend tous à ce que notre univers ait changé lorsque nous remettrons le nez dehors. Nous serons passés du plein emploi au chômage massif. Des surplus budgétaires aux déficits monstres. Nous aurons aussi adopté le télétravail.

On a toutes les raisons de croire que la crise aura alourdi l’inégalité entre riches pauvres. Par exemple, ceux qui peuvent travailler de la maison auront conservé leur emploi en plus grand nombre.  

Or, il se trouve que les personnes qui ont la chance de travailler de la maison ont généralement de meilleurs revenus. 

Dans une étude récente sur le télétravail, on apprenait que les personnes dont le revenu dépassait les 60 000 $ avaient beaucoup plus recours au travail à distance que les Québécois plus pauvres. 

Pour leur part, ceux qui doivent se déplacer pour travailler perdent leur emploi à un rythme beaucoup plus rapide. C’est particulièrement vrai pour les travailleurs de la restauration et des services. Et rien n’indique qu’ils pourront rapidement réintégrer leur poste lorsque le confinement se terminera. 

Chômage et internet

À toutes fins utiles, la possibilité de faire du télétravail est une police d’assurance contre le confinement et contre le congédiement ! Il faudra donc mettre les bouchées doubles pour que plus de travailleurs y aient accès. 

Mais pour cela, ça prend internet ! Croyez-le ou non, des dizaines de milliers de Québécois n’ont toujours pas accès à une connexion internet à haute vitesse ! Un service qui, en temps de pandémie, est tout aussi essentiel que les routes ! 

Beaucoup de ménages à plus faible revenu perdront leur emploi. Ce qui est, en soi, une catastrophe. Mais même ceux qui réussiront à garder la tête hors de l’eau continueront d’en subir les conséquences financières pour longtemps. 

Même en confinement, les familles doivent continuer de payer leurs dépenses fixes, comme le loyer et l’électricité. Combien devront s’endetter pour payer leurs comptes ? Bref, il est fort possible que les personnes les plus affectées pendant la crise continuent à avoir besoin d’un coup de pouce une fois la tempête passée.