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On doit se retrousser les manches

François Legault et son ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, en conférence de presse, pour lancer le programme d’achat local.
Photo Didier Debusschère François Legault et son ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, en conférence de presse, pour lancer le programme d’achat local.

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On est en pleine récession mondiale. Courage ! On va en sortir. Et mieux vaut devenir le plus autonome possible en matière de production de produits et services. 

On l’a vu avec la « guerre » à la COVID-19, on ne peut compter sur ses alliés commerciaux en période de crise. 

Les pays sont prêts à vous vendre n’importe quel produit pourvu qu’ils n’en aient pas besoin pour eux-mêmes ! 

En raison de la pénurie de masques, de médicaments, de produits médicaux essentiels... un immense vent de protectionnisme balaie la planète de ce temps-ci. Au Québec, comme partout ailleurs au Canada, on n’y échappe pas. 

Le protectionnisme 

Attention ! Il ne faut pas virer fou avec le protectionnisme, car ça risque de nous nuire de façon considérable, économiquement parlant s’entend. 

Il faut éviter à tout prix de tomber dans le protectionnisme à outrance. 

Qu’au lendemain de la pandémie du coronavirus, le Québec veuille devenir plus autosuffisant en équipements médicaux (masques, blouses, gants), en médicaments (y compris les médicaments génériques), en nourriture (notamment fruits et légumes) et autres produits essentiels, cela se défend. 

Que l’on devienne meilleur dans le commerce électronique, c’est une priorité. Que le Québec priorise la formation de la main-d’œuvre, et modernise ses usines... cela va de soi. 

Oui ! Il faut se prendre en main. Que l’achat local devienne prioritaire aux yeux des Québécois, tant mieux. Bravo à des initiatives comme Le Panier Bleu, un site qui fait le lien entre les consommateurs et les commerces locaux. 

Que le Québec développe la plus grande autosuffisance possible, j’en suis. 

Qu’on se retrousse les manches et qu’on relève mille et un défis, tant mieux. 

Vivement un Québec plus autonome, et fier de l’être.   

Payants, les États-Unis  

Cela ne veut pas dire de fermer nos frontières. Absolument pas. Le commerce bilatéral a toujours sa place. Oui au libre-échange. 

Économiquement parlant c’est payant exporter. Voire très payant. Avec les États-Unis, notre surplus commercial atteint les 26 milliards $ en produits.   

Continuer à importer des biens et services... ça aussi c’est important de continuer à le faire. 

Un, c’est fondamentalement l’argument « vendeur » pour percer des marchés extérieurs. 

Deux, les importations permettent d’exercer une pression sur les prix et la qualité de nos produits locaux de façon à éviter de se faire exploiter en tant que consommateurs. 

Notre problème : la Chine et l’Europe  

Le Québec accuse un lourd déficit commercial de 21 milliards $ avec l’étranger. Nous importons annuellement des biens et services pour une valeur globale de 151 milliards $ alors qu’on en exporte pour 130 milliards $. 

Au seul chapitre des biens (produits), le Québec accuse un lourd déficit commercial de 15 milliards $ avec l’Asie, dont près de 10 milliards $ avec la Chine. Avec l’Union européenne, on ne fait guère mieux alors qu’on accuse avec eux aussi un déficit de 15 milliards $. 

Il est donc prioritaire de rééquilibrer au plus sacrant notre balance commerciale avec la Chine et l’Europe. 

Plus on deviendra autosuffisant dans divers produits et services, moins on aura besoin d’importer leurs produits. 

Et, plus on haussera notre productivité et qu’on deviendra compétitif, plus on augmentera nos exportations à l’étranger et plus ce sera collectivement rentable pour nous.   

Mais signe encourageant 

Dommage que la COVID-19 ait momentanément stoppé notre rattrapage économique sur l’Ontario. 

En 2019, la croissance de la productivité au Québec a doublé, passant de 0,5 % en moyenne de 2009 à 2018 à 1,0 % en 2019. 

Cela a permis au Québec de rétrécir son écart de productivité par rapport à l’Ontario de 16,0 % en 2018 à 13,6 % en 2019,  

De plus, notre niveau de vie au Québec a augmenté en 2019 plus rapidement qu’en Ontario, ce qui a eu pour effet de réduire l’écart de 15,5 à 13,6 % par rapport au niveau de vie ontarien.  

Dès le retour à la vie normale, au 3e trimestre, je suis persuadé que l’on continuera à s’améliorer au chapitre de notre productivité. 

Chose certaine, grâce à l’aide financière massive du gouvernement Trudeau, et à celle du gouvernement Legault, la grande majorité des entrepreneurs québécois devrait sortir de la crise du COVID-19 sans y avoir laissé leur peau. 

Avec l’appui et les programmes pro-Québec inc. mis de l’avant par François Legault et son escouade économique, nombre d’entrepreneurs québécois auront même la chance de redémarrer leur entreprise sur des assises relativement solides. 

Dure dure la récession 

Étant en pleine récession, il est évident que ça va prendre des mois avant que les affaires retrouvent leur rythme de croisière d’avant la crise du COVID-19. 

Les perspectives économiques pour le second trimestre d’avril à juin s’annoncent catastrophiques, tant au Canada qu’aux États-Unis, nos deux plus importants marchés pour les affaires, et avec qui on a une balance commerciale positive. 

Par ricochet, il est évident que le PIB du Québec affichera lui aussi une baisse aussi substantielle. 

La bonne nouvelle ? La tendance économique repartira à la hausse à compter du 3e trimestre. On se le souhaite ! Voilà pourquoi il est important que le Québec inc. soit prêt à redémarrer.   

TABLEAU DES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES 

Variation annualisée * 

Canada 2e trimestre
Croissance du PIB -32 %
Revenu personnel disponible -15 %
Profits des entreprises -35 %
Exportations -45 %
Importations -30 %
Consommation des ménages -31 %

 

États-Unis 2e trimestre
Croissance du PIB -25 %
Revenu personnel disponible -15 %
Profits des entreprises -25 %
Exportations -14 %
Importations -18 %
Dépenses personnelles -40 %